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La gestion des écrans durant l’été : 4 astuces pour y arriver

Par Caroline Quarré, intervenante psychosociale (B.Sc.), conférencière et propriétaire de Service psychosocial Pas-à-Pas

 

« Encore cinq minutes et tu fermes ton Play Station ! Ça fait déjà une heure que tu joues à ça. »

« Cela fait trois fois que je te demande d’éteindre ton ordinateur. Je vais l’éteindre si tu ne le fais pas. »

« Il fait beau aujourd’hui. Pas de jeu d’écran cette après-midi. Va jouer dehors. »

« C’est plate, je n’ai rien à faire. Je veux la tablette. »

« Yééé, il pleut! Je peux donc jouer à l’ordinateur. »

 

Vous avez déjà entendu ces phrases dans votre maison ? C’est le cas pour plusieurs familles !!!

Les enfants sont en vacances depuis quelques semaines déjà. Les demandes pour utiliser leur(s) appareil(s) électronique(s) explosent, surtout lorsque les enfants ne sont pas en activité. Pour la plupart des familles, les règles concernant leur utilisation sont plus flexibles durant la saison estivale : plus de temps d’utilisation en cas de pluie, délai prolongé en matinée et en soirée, utilisation permise après une période de jeux dehors, outils de « détente » de fin d’après-midi, permission spéciale lorsque les parents reçoivent des amis à souper, etc. Cette gestion peut cependant devenir complexe, voire conflictuelle.

 

Pourquoi les enfants aiment-ils autant les écrans ?

 

Il faut d’abord se rappeler que les enfants vivent dans le moment présent et ont pour objectif premier de s’amuser. Se couper d’un plaisir est un processus complexe et difficile pour eux, menant parfois à des comportements inadéquats. Lorsqu’ils sont sur un appareil électronique et qu’ils en retirent du plaisir, cela peut devenir difficile de le fermer et d’avoir à se chercher une autre activité. Certains ne savent pas quoi faire et ont l’impression qu’ils vont s’ennuyer. Ils ne veulent donc pas en démordre et sont prêts à s’opposer, négocier et argumenter pour étirer la période d’utilisation. D’où l’importance de leur apprendre à tirer du plaisir dans d’autres activités et de développer leur créativité et leur imagination dans le jeu. (Voir les conseils plus bas)

 

Ensuite, en période scolaire, et parfois même durant l’été, les enfants sont habitués aux horaires bien organisés. Au fil du temps, cela a pour conséquence de leur créer un inconfort lors des moments d’ennui ou lorsque rien n’est planifié. Cet inconfort peut se traduire en une forme d’angoisse. Ils demandent alors l’attention de l’adulte : « Je n’ai rien à faire, c’est plate! », « Je ne sais pas quoi faire! » ou encore « Je veux aller quelque part! ». Cela n’est évidemment pas toujours possible, et même si cela l’était, le parent n’a pas à entretenir constamment son enfant comme un G.O. Les appareils électroniques deviennent alors une solution fort intéressante pour eux. Ils ont pour effet de « geler » l’angoisse et de combler rapidement le vide. Toutefois, ce sentiment revient aussitôt que l’appareil s’éteint. Ceci pourrait d’ailleurs contribuer à développer une forme de dépendance.

 

De plus, les appareils électroniques sont également vraiment TRÈS stimulants. Leur attention est mobilisée par des effets sonores, des jeux de lumière, des images captivantes, des couleurs flamboyantes et autres. Rien dans la vie réelle n’équivaut à ce niveau de stimulation. Il est alors compréhensible que l’enfant en devienne « accro » et en redemande. Il est alors d’autant plus important de limiter son utilisation, puisque l’enfant ne le fera pas de lui-même.

 

L’idée n’est pas ici de bannir les appareils électroniques de vos maisons. Ils sont intéressants pour plusieurs choses (développer des connaissances, faire des recherches, se divertir, consulter de la musique, développer sa créativité et de nouvelles compétences, autres) et nous facilitent la vie à certaines occasions (il faut être honnête quand même!). Voici donc quelques conseils pour vous aider à gérer les écrans dans vos maisons durant l’été.

 

1. Diminuer la tentation

Qui n’a pas envie de manger une part de gâteau lorsqu’elle se trouve directement sous son nez ? Pas moi! Sortiriez-vous le dessert sur la table de cuisine en même temps que vous servez le repas à vos enfants ? JAMAIS. Dans les deux situations, la tentation est trop forte! Cela est le même principe pour les jeux vidéo ou les appareils électroniques. Plus ils sont accessibles, disponibles et visibles, plus cela devient tentant pour les enfants (et les adultes!) de les utiliser. Vous pouvez alors simplement ranger les appareils (iPhone, iPad, tablette, portable) à un endroit où l’enfant n’a pas rapidement et facilement accès (haut d’une armoire, mallette de travail, bureau de travail, autres). Les consoles de jeux (Play Station et compagnie) peuvent aussi être débranchées et rangées après leur utilisation. D’ailleurs, il est beaucoup moins complexe d’aider l’enfant à se trouver une autre activité lorsqu’il n’a pas l’appareil déjà dans les mains en vous suppliant de le laisser y jouer.

 

2. Imposer une limite de temps quotidienne « de base »

Tout d’abord, le parent peut déterminer une limite de temps quotidienne pour l’utilisation des appareils électroniques (ordinateur, tablette, iPad, iPhone …). Cette limite de temps peut être influencée par différents facteurs : âge de l’enfant, réactivité de l’enfant devant les écrans ou après une période d’utilisation, nature de ses activités quotidiennes, temps passé à jouer dehors, temps passé en interaction avec d’autres personnes (amis ou famille), etc.

Une fois cette limite de temps déterminée, le parent doit la partager CLAIREMENT avec son enfant. Ils peuvent décider ensemble de la façon dont cette limite de temps sera gérée chaque jour. Par exemple, si la limite quotidienne est fixée à 60 minutes, l’enfant pourrait avoir l’occasion de la découper en plusieurs petites périodes : deux périodes de 20 minutes et deux périodes de 10 minutes. D’autres petites règles pourraient s’ajouter. Par exemple, lorsqu’une période est utilisée, elle ne peut plus l’être à nouveau avant le lendemain. Ou encore, si la période de 60 minutes n’est pas utilisée pleinement au cours d’une même journée, elle ne pourra pas être utilisée une autre journée.

Finalement, dotez-vous d’une minuterie visuelle pour gérer ce temps. Les minuteries permettent aux enfants de mieux se représenter le temps et de développer leur autonomie dans la gestion du temps. De plus, ils ont pour effet de diminuer l’argumentation entre le parent et l’enfant lorsque la période est écoulée : ce n’est pas le parent qui annonce la fin de la période d’utilisation, mais la minuterie.

Bien sûr, il peut y avoir des exceptions. Le temps de pluie, les visites chez mamie ou encore les soirées à la maison entre adultes ou autres peuvent devenir des moments où les parents ont envie d’étendre la période d’utilisation des appareils électroniques. Et cela est bien correct. L’idée est simplement que tout ne devienne pas une exception puisque l’enfant saura vous le rappeler : « Mon ami est venu jouer à la maison aujourd’hui. Est-ce que je peux jouer plus longtemps sur ma tablette ? Mais, juste pour aujourd’hui. » Vous avez également le droit de ne PAS permettre d’exception. L’enfant se verra alors forcé de se trouver des activités durant les temps de pluie ou lors des visites chez mamie. Il pourra ainsi développer sa créativité et son imaginaire, choses si importantes! Il est alors de votre responsabilité d’assumer votre décision de parent : vous êtes le parent, vous savez ce qui est le mieux pour votre enfant. Et parfois, le mieux pour notre enfant est décevant pour lui.

La clé du succès pour ce premier conseil : la constance. Lorsque la période de temps limite est atteinte, c’est terminé !

 

3. Créer une banque d’activités avec l’enfant pour les temps de pluie ou d’ennui

Afin que l’enfant soit en mesure de s’occuper par lui-même plutôt que sur un appareil électronique durant les temps de pluie ou lorsqu’il n’est simplement pas possible de sortir jouer dehors, créer avec lui une banque d’activités. Premièrement, vous pourriez recenser AVEC LUI quelques activités QU’IL TROUVE intéressantes : bricolage, casse-tête, Lego, dessin, pâte à modeler, lecture, fabrication de marionnette, inviter un ami, autre. Ensuite, vous pourriez trouver des images ou pictogrammes qui représentent ces activités. Finalement, vous les collez sur un carton. Lorsque l’enfant s’ennuiera, vous pourrez le rediriger vers cette banque d’idées. Cela vous évitera alors de faire des pieds et des mains chaque fois pour lui trouver une activité avec laquelle s’occuper.

Vous le redirigez vers sa banque d’idées et il vous mentionne que rien ne lui tente et que tout est « plate » ? Invitez-le à aller se reposer ou à profiter de ce moment où rien n’est planifié. Rappelez-lui que cela est une chance d’avoir des moments comme ça. Il finira par se trouver quelque chose à faire, n’ayez crainte. Il ne restera pas 75 minutes de temps à regarder les mouches voler. Rappelez-vous simplement que plus vous faites d’effort pour lui trouver une activité, moins il en fera lui-même. L’humain est ainsi !

 

4. Gérer les moments d’ennui : permettre à l’enfant de développer son imagination et sa créativité

Les moments d’ennui sont bons pour les enfants. Ces moments les poussent à développer leur créativité, à s’activer, à user de leur imagination et à développer leur autonomie.  Ils sont obligés de chercher une activité pour sortir de l’inconfort créé par l’ennui. Lors de ces moments, vous pouvez bien sûr aider votre enfant à gérer les émotions que cela engendre :

  • Valider l’émotion, par exemple : « Je vois que tu t’ennuies», « Quand tu demandes mon attention à plusieurs reprises, je crois que c’est parce que tu trouves le temps long et que tu n’aimes pas être seul. Je me trompe? » ou « Tu es déçu que je ne puisse pas jouer avec toi en ce moment, n’est-ce pas? » ;
  • Aider l’enfant à la nommer son émotion, par exemple : « J’ai l’impression que tu ne te sens pas bien. Est-ce que je me trompe? »
  • Normaliser les émotions, par exemple : « C’est normal de trouver le temps long lorsqu’on ne fait rien. Moi aussi à ton âge je m’ennuyais par moment lorsque je ne savais pas quoi faire.» ou « C’est normal que tu sois déçu que je ne puisse pas jouer avec toi. Tu trouves le temps long, tu ne sais pas quoi faire et tu comptais sur moi pour te désennuyer. »

Toutefois, laissez alors votre enfant user de sa créativité pour trouver une activité : « Je comprends que ce soit long quand tu ne fais aucune activité. Je suis certain que tu arriveras à te trouver quelque chose à faire en usant de ton imagination. » Évitez de lui proposer plusieurs choses à faire, comme si la responsabilité de lui trouver une activité vous revenait. D’ailleurs, bien souvent, les enfants les repoussent du revers de la main puisqu’ils souhaitent que leurs parents participent activement à l’activité ou qu’ils sortent de la maison avec eux, ce qui n’est pas toujours possible. En laissant votre enfant gérer régulièrement ses moments d’ennui, il apprendra à s’occuper et à jouer davantage seul et il trouva au fil du temps des activités par lui-même.

 

En espérant que ces quelques conseils vous permettront de gérer les écrans plus facilement dans votre maison. Rappelez-vous que chacune des interventions que vous faites sera bénéfique DEMAIN. Courage!

 

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Maman, papa, cet été, tu n’es pas un G.O.

Maman, papa, cet été, tu n’es pas un G.O.

Un été sans stress pour toute la famille

Par Caroline Quarré, intervenante psychosociale (B.Sc.), conférencière et propriétaire de Service psychosocial Pas-à-Pas

 

Les enfants ont officiellement terminé l’école. Youpi! Ceux-ci se réjouissent et ont hâte d’entamer les vacances d’été. Ils ont probablement plein d’idées et de projets en tête pour l’été. Pour plusieurs parents, par contre, le début des vacances amène certaines appréhensions, voire même une certaine fatigue. Alors, comment survivre aux vacances d’été dans le plaisir et le repos ?

 

Laisser l’enfance à l’enfance : lâcher l’agenda de ministre

Tout au long de l’année scolaire, les enfants ont un horaire organisé et chargé comme un adulte. En semaine, tout est organisé au quart de tour le matin pour qu’ils se rendent à l’école à l’heure. À l’école, une routine fixe et structurée accompagne les enfants. En soirée, les parents font leur possible pour préparer le souper, faire faire les devoirs, gérer le bain, le temps de jeu et la mise au lit en un temps record. La fin de semaine, certains enfants participent à des activités (karaté, patin, piano, peinture …). À cela s’ajoutent les fêtes d’amis, les visites chez mamie, les brunchs du dimanche, les sorties au chalet, les activités familiales, etc. Il y a de quoi être essoufflé, autant pour le parent que pour l’enfant !

L’été est alors le moment parfait pour ne RIEN planifier : vivre et laisser vivre ! Les parents ressentent souvent le devoir ou l’obligation de planifier des activités pour leur enfant afin qu’il s’épanouisse et se développe. FAUX. Pour s’épanouir et se développer, l’enfant a besoin d’être traité comme un enfant :

  • Reconnaître son besoin réel de bouger, de sauter, de courir, de grimper et de manipuler les objets ;
  • Accepter que son but premier est de s’AMUSER et que chacune de ses actions tournent autour de ce but ;
  • Lui donner le droit à l’erreur et reconnaître qu’il est en apprentissage sur tous les plans ;
  • L’accompagner de façon positive et bienveillante dans la gestion de ses émotions et de ses comportements.

 

Opter pour des activités gratuites

Lorsque les parents organisent des activités, ils ont parfois des attentes envers leur enfant : que celui-ci ait du plaisir, qu’il participe, qu’il soit agréable et poli et qu’il soit reconnaissant. Dans la vraie vie, cela n’arrive pas toujours. Les enfants ont chaud, ils trouvent la journée longue, la fatigue les rend irritables et impatients, l’excitation engendre des comportements inadéquats, ils gèrent difficilement les moments d’attente, etc. Tout ceci peut amener de la déception et voire même de la colère chez le parent. D’autant plus si l’activité a coûté une certaine somme d’argent.

En optant pour des activités simples et gratuites, la déception sera probablement plus petite puisque vous aurez moins l’impression d’avoir « gaspillé » votre journée et votre argent. Voici quelques activités agréables à faire en famille, sans débourser un seul dollar : parc, jeux d’eau dans certains parcs, visiter un nouveau parc d’une ville avoisinante, pique-nique sur le bord de l’eau, randonnée en forêt, visite à la bibliothèque, activités organisées par la ville (par exemple : ciné-parc en plein air, lecture de contes à la bibliothèque, autres), piscine publique (même si vous avez vous-même une piscine), vélo en famille dans les belles pistes cyclables disponibles à grandeur du Québec, autres. En optant pour des activités gratuites et accessibles, vous pourrez vous adonner à un nombre plus grand d’activités durant l’été si vous le souhaitez. Les enfants auront de bons souvenirs à raconter à leurs camarades au retour des classes.

 

Alterner les journées de « garde » avec les parents des petits amis

Les enfants aiment retrouver leurs amis durant l’été, que ce soit des amis sur la rue, des amis de l’école ou encore leurs cousins et cousines. Pendant qu’ils s’amusent avec eux dans la cour arrière ou dans le sous-sol, vous ne gérez pas de chicane (sinon que peu, tout dépendant l’âge des enfants!), vous n’êtes pas tenus d’organiser des jeux pour les amuser et vous assurez un moment de plaisir à votre enfant. Si vous connaissez bien les parents des petits amis de votre enfant, vous pouvez échanger avec eux des journées de « garde ». Par exemple, le lundi, vous accueillez l’ami à la maison et le jeudi, cet ami accueille votre enfant. Cela vous donne respectivement un peu de temps pour vous et deux activités gratuites sont alors organisées dans la même semaine. Une pierre deux coups!

 

Laissez les enfants gérer les moments d’ennui, c’est bon pour eux!

Tel que mentionné plus haut, les enfants sont habitués aux horaires bien organisés. Cela a pour conséquence au fil du temps de créer chez eux un inconfort lors des moments d’ennui, lors des moments où rien n’est planifié. Cet inconfort peut même se traduire en une forme d’angoisse chez certains enfants. Ils demandent alors l’attention de l’adulte, de façon parfois maladroite. Bref, ils demandent régulièrement aux adultes de combler ce vide : « Je n’ai rien à faire, c’est plate! », « Je ne sais pas quoi faire! » ou encore « Je veux aller quelque part! ». SVP, ne comblez pas ces moments par une utilisation des appareils électroniques (tablette, téléphone, ordinateur, télévision, etc.). Cela « gèle » l’angoisse et comble le vide qui revient aussi rapidement lorsque l’appareil s’éteint. Ceci pourrait d’ailleurs contribuer à développer une forme de dépendance à ces appareils. Laissez alors votre enfant user de sa créativité pour trouver une activité : « Je comprends que ce soit long quand tu ne fais aucune activité. Je suis certain que tu arriveras à te trouver quelque chose à faire en usant de ton imagination. » Évitez également de lui proposer plusieurs choses à faire, comme si la responsabilité de lui trouver une activité vous revenait. D’ailleurs, bien souvent, les enfants les repoussent du revers de la main puisqu’ils souhaitent que leurs parents participent activement à l’activité ou qu’ils sortent de la maison avec eux, ce qui n’est pas toujours possible. En laissant votre enfant gérer régulièrement ses moments d’ennui, il apprendra à s’occuper et à jouer davantage seul et il trouva au fil du temps des activités par lui-même. Rappelez-vous que chacune des interventions que vous faites sera bénéfique DEMAIN. Courage!

 

Cesser de vous comparer sur les médias sociaux

Les médias sociaux et les milliers de photos de familles parfaites en activités parfaites ont ce merveilleux don d’alimenter notre anxiété de performance de parents. Je fréquente moi-même des lieux familiaux et j’ai autour de moi plusieurs amis-parents. Je réalise combien de nombreuses photos partagées sur les médias sociaux ne représentent pas dutout la vie réelle. Toute une mise en scène tourne autour d’un seul partage. Le parent demande à son enfant de cesser de jouer, de se mettre un beau sourire au visage, d’avoir « l’air heureux », de se prendre toute la famille dans les bras alors que c’était la guerre une minute avant, etc. Entre les 9-10 tentatives de prises de photo, l’enfant se plaint, n’écoute pas les consignes du parent-photographe et ne veut que retourner à ses occupations. Le parent, lui, perd patience ou négocie avec l’enfant pour enfin réussir sa prise de photo. Une fois la « bonne » photo prise, il la partage sur les médias sociaux avec une belle mention « Activité en famille : plaisir et amour au rendez-vous! ». Cette photo est-elle représentative ? NON, c’est de la frime! Combien de photos comme celles-ci circulent sur Instagram, Facebook, Snapchat et autres ? Plusieurs, trop même! Alors, SVP, ne vous comparez pas ! Laissez vos appareils électroniques de côté et amusez-vous avec vos enfants.

 

En espérant que ces quelques conseils, aussi simples mais bénéfiques soient-ils, vous aideront à profiter de votre été dans le calme et le plaisir. Rappelons-nous régulièrement que les enfants ne sont pas de petits adultes. Il est alors important de les laisser vivre une vie d’enfant : jeu, plaisir et temps de qualité avec leurs parents et amis. Bon début de congé à tous!

 

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Préparer la fin des classes avec son enfant

Par Caroline Quarré, intervenante psychosociale (B.Sc.), conférencière et propriétaire de Service psychosocial Pas-à-Pas

 

 

La fin de l’année scolaire est éprouvante pour beaucoup d’enfants et de parents. L’arrivée des évaluations et le changement de routine du mois de juin peuvent entraîner des inquiétudes de part et d’autre et parfois même des difficultés, autant à l’école qu’à la maison. Les parents ne savent pas toujours de quelle façon accompagner leur enfant de façon optimale dans leur préparation aux évaluations et dans leur transition vers la fin des classes.

 

 

POUR BIEN ACCOMPAGNER SON ENFANT EN FIN D’ANNÉE SCOLAIRE, NE PAS OUBLIER QUE :

 

L’école est un lieu de stabilité pour l’enfant. Une grande majorité d’enfants y passent davantage de temps qu’à la maison, calculant le temps passé au service de garde et en classe. L’école offre un horaire fixe, une routine stable et, surtout, des relations significatives entre l’enfant et les membres de l’équipe-école (enseignant(e), éducateur(trice) au service de garde, éducateur(trice) spécialisé, orthopédagogue, autre). L’idée de quitter ce milieu de vie pour l’été peut engendrer une réactivité chez l’enfant.

 

La fin des classes entraîne un changement de routine important. Dès le début du mois de juin, la routine hebdomadaire se voit modifiée par l’arrivée des nombreuses périodes d’évaluation, la fin des activités d’apprentissage dirigées, l’augmentation des activités privilèges, la fin des devoirs, autres. La nouveauté et l’imprévisibilité sont deux causes importantes de stress pour tout individu, donc encore plus pour des enfants qui disposent de peu de stratégies d’adaptation et d’un cerveau en plein développement.

 

Nombreux enfants ont des appréhensions face à la fin des classes. L’idée de se séparer de l’enseignant(e) et de leurs camarades de classe peut être vécue difficilement pour plusieurs. Ainsi, déjà quelques semaines avant la fin des classes, certains enfants sont plus réactifs.

 

Nombreux enfants entretiennent des inquiétudes face à l’été. Il est attendu que leur routine changera et que cela engendrera de la nouveauté et de l’imprévisibilité, du moins durant les premières journées ou semaines de l’été. Ils passeront l’été au camp de jour, à la maison ou auprès d’une personne de confiance. Plusieurs enfants craignent de s’ennuyer de leurs amis, de ne pas les voir assez souvent ou même que cette distance brime leur amitié.

 

Nombreux enfants entretiennent des inquiétudes face à l’année scolaire suivante. Ils se demandent qui sera leur enseignant(e), si leurs amis seront encore une fois dans la même classe qu’eux, s’ils vivront des succès, etc. Les incertitudes s’accumulent et l’anticipation est présente.

 

Le mois de juin amène un niveau d’excitation élevé. À l’école, la modification à la routine engendre de l’excitation. À la maison, les routines de soirée se modifient graduellement entre autres avec la fin de la période de devoirs, la prolongation des heures de clarté et la reprise des activités sportives d’été.

 

Le mois de juin est propice à la diminution des heures de sommeil. Puisque le soleil se couche plus tard, il devient de plus en plus difficile de mettre les enfants au lit. L’heure du souper est parfois retardée. Les activités de fin de soirée sont également sujettes à s’étirer plus tard qu’à l’habitude : piscine, vélo, marche, parc. S’ils sont inscrits à des activités sportives (soccer, karaté, etc.), la routine de fin de soirée est assurément modifiée. Malgré tout, le sommeil est primordial au bon fonctionnement de l’enfant. Bien que les apprentissages soient complétés à l’école, être un élève demande à la base un grand niveau d’énergie pour supporter les nombreuses stimulations et le bruit environnant, être attentif aux nombreuses consignes (même dans les jeux), respecter les nombreuses demandes, être en relation avec ses pairs de façon positive, gérer leurs émotions et contrôler leur comportement.

 

 

IMPACTS POSSIBLES DE LA FIN DE L’ANNÉE SCOLAIRE SUR LES ENFANTS ET LES PARENTS

 

Durant la fin de l’année scolaire, nous observons de nombreux symptômes de stress chez les enfants, autant à l’école qu’à la maison. Plusieurs enfants rapportent des maux de cœur, des maux de ventre et des maux de tête. Nous observons davantage de signes de fatigue et, parfois, des difficultés au niveau du sommeil (endormissement long, réveils fréquents). Ils deviennent plus irritables et ont davantage de difficulté à gérer leurs émotions, ce qui entraîne une augmentation des crises. Ils peuvent devenir plus agités, donc avoir de la difficulté à rester en place ou à contrôler le nombre de mots qui sort de leur bouche. Certains sont plus opposants, plus confrontants, argumentent et négocient davantage les règles et les consignes. Chaque enfant vit cette période différemment. Tout dépendant la façon dont les enfants gèrent leur stress et la façon dont nous les accompagnons, certains peuvent être plus réactifs que d’autres.

 

Les parents, quant à eux, rapportent une fatigue plus élevée durant cette période. Nous observons dans plusieurs familles une augmentation des interventions disciplinaires auprès de l’enfant et des difficultés à exécuter les routines du matin et du soir. Les parents vivent des craintes face à l’arrivée des évaluations. Ils se questionnent à savoir si l’enfant est suffisamment bien préparé, si les devoirs et leçons proposés sont suffisants pour assurer le succès de leur enfant et si leur implication est adéquate dans cette préparation. Bref, ils ne savent pas toujours de quelle façon accompagner l’enfant dans cette préparation aux examens et dans la transition vers la fin des classes.

 

 

CONSEILS AUX PARENTS POUR FACILITER LA PÉRIODE D’ÉVALUATION ET LA TRANSITION VERS LA FIN DES CLASSES

 

Conserver la routine le plus possible. Maintenir une bonne routine de sommeil est primordial afin que les enfants soient disponibles mentalement et physiquement, autant à l’école qu’à la maison. Il est alors suggéré de favoriser des activités qui bougent au retour de l’école (pour libérer leur énergie et canaliser leur stress) et d’opter pour des activités calmes après le souper. Il est fortement recommandé de diminuer le plus possible l’exposition aux écrans en soirée et de ne plus y être exposé du tout minimalement une heure ou deux avant la mise au lit. Un rideau de chambre opaque permettra de couper la luminosité et de favoriser l’endormissement.

 

Ne pas apporter de modification à l’agenda scolaire de l’enfant. Les évaluations permettent de rendre compte de l’ensemble des acquis réalisés tout au long de l’année scolaire. Rendus au mois de juin, les enfants sont préparés pour réaliser leurs évaluations. Il est donc contre-indiqué d’ajouter des plages d’études et des exercices supplémentaires en fin de soirée. Il est nécessaire de s’en tenir à ce qui est demandé par l’enseignant(e), le professionnel de l’éducation qui connaît votre enfant depuis plusieurs mois. D’ailleurs, bien que ces ajouts viennent d’une bonne intention du parent, ils envoient un mauvais message à l’enfant : « Je n’ai pas confiance que tu puisses réussir tes évaluations. » ou encore « Toi, tu as besoin d’en faire plus que les autres pour réussir. ». Cela exerce une pression de performance pour l’enfant, envoyant le message que les évaluations sont plus difficiles que ce à quoi ils s’attendaient et qu’il est peut-être moins préparé qu’il le croyait. Nous pourrions alors observer une baisse du niveau de performance, par le fait qu’il soit davantage stressé en contexte d’évaluation.

 

Aider l’enfant à s’apaiser quotidiennement. Plusieurs actions simples, réalisées chaque jour, ont un impact positif et significatif sur l’enfant et améliorent grandement sa gestion des émotions :

 

  • Passer du temps de qualité avec son enfant, à travers le jeu et le plaisir. Il est important de prendre le temps de s’arrêter, durant un petit 10-15 minutes, pour être dans la relation avec son enfant plutôt que dans la tâche. Nous leur donnons des consignes, nous intervenons sur leur comportement, nous entretenons des attentes envers eux, etc. Il est important d’investir la relation autrement, à travers le plaisir. Il est important de s’intéresser à eux, à ce qu’ils ressentent, à ce qu’ils vivent. Il est primordial que l’enfant se sente aimer, inconditionnellement, pour ce qu’il est, et non pour ce qu’il fait.

 

  • Favoriser les activités qui bougent (vélo, parc, course, piscine). Les exercices permettent d’évacuer le stress accumulé durant la journée et favorisent la sécrétion de la mélatonine (hormone du sommeil). L’enfant sera davantage en mesure de gérer ses émotions après avoir bougé, sera plus détendu en soirée et s’endormira plus aisément.

 

  • Passer du temps à l’extérieur de la maison et miser sur le plein air. L’enfant a besoin de bouger, de grimper, de courir, de sauter. Dans la maison, cela peut être source de conflits et de tensions. Le fait de sortir de la maison, dans la cour arrière ou encore au parc, permettra à l’enfant de dépenser son énergie dans un environnement où cela est adéquat de le faire. De plus, cela permettra de contrôler plus facilement le temps d’exposition aux écrans.

 

Aborder les appréhensions et les inquiétudes de l’enfant. À l’arrivée de la fin des classes, il est normal que l’enfant vive des inquiétudes. Éviter d’intervenir avec des phrases telles que : « Ne t’en fais pas, l’été sera si amusant que tu n’auras pas le temps de t’ennuyer. » ou encore « N’aie pas de peine, l’année prochaine tu auras un autre professeur que tu aimeras. » Il est important de les reconnaître, de les accueillir et, surtout, de les normaliser.

 

Préparer de façon festive la fin des classes. Vous pouvez préparer avec votre enfant une carte de « bon été » pour l’enseignant(e) et pour ses amis, préparer un bottin téléphonique afin qu’il recueille les coordonnées de ses amis, organiser des activités privilèges au retour de l’école pour ses journées d’évaluation, préparer une petite fête de fin d’année avec ses amis, préparer un gâteau pour marquer la fin des classes, autres. Impliquez-le dans cette transition vers l’été en marquant le tout de façon ludique et spéciale.

 

Rappelez-vous que votre enfant n’est pas une note au bulletin. Il est important de souligner leurs progrès, leurs efforts et leur accomplissement réalisés tout au long de l’année. Éviter de mettre l’accent sur les résultats scolaires, puisqu’ils ne définissent pas votre enfant. Les résultats s’inscrivent seulement dans son parcours, qui en est d’ailleurs qu’à son commencement.

 

 

Courage, chers parents. Il ne reste que quelques jours avant la fin des classes. Cette période est difficile pour plusieurs, enfants comme parents. Les jeunes sont réactifs et différents au mois de juin, autant à l’école qu’à la maison. Normaliser leurs réactions, accueillir leurs émotions et leur permettre de canaliser ce stress chaque jour leur assurera un meilleur fonctionnement au quotidien et, par la bande, une meilleure performance aux évaluations.

 

Bon été à tous !

 

Votre intervenante, Caroline Quarré

 

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Trucs dodos pour nos petits cocos

Trucs dodos pour nos petits cocos : Cinq astuces pour une meilleure routine de sommeil chez les enfants
Par : Annick Cartier, psychoéducatrice et partenaire de Pas-à-Pas
http://pasapas.ca/wp-content/uploads/2017/03/Trucs-dodos-pour-nos-petits-cocos-par-Annick-Cartier.pdf