Préparer la fin des classes avec son enfant

Par Caroline Quarré, intervenante psychosociale (B.Sc.), conférencière et propriétaire de Service psychosocial Pas-à-Pas

 

 

La fin de l’année scolaire est éprouvante pour beaucoup d’enfants et de parents. L’arrivée des évaluations et le changement de routine du mois de juin peuvent entraîner des inquiétudes de part et d’autre et parfois même des difficultés, autant à l’école qu’à la maison. Les parents ne savent pas toujours de quelle façon accompagner leur enfant de façon optimale dans leur préparation aux évaluations et dans leur transition vers la fin des classes.

 

 

POUR BIEN ACCOMPAGNER SON ENFANT EN FIN D’ANNÉE SCOLAIRE, NE PAS OUBLIER QUE :

 

L’école est un lieu de stabilité pour l’enfant. Une grande majorité d’enfants y passent davantage de temps qu’à la maison, calculant le temps passé au service de garde et en classe. L’école offre un horaire fixe, une routine stable et, surtout, des relations significatives entre l’enfant et les membres de l’équipe-école (enseignant(e), éducateur(trice) au service de garde, éducateur(trice) spécialisé, orthopédagogue, autre). L’idée de quitter ce milieu de vie pour l’été peut engendrer une réactivité chez l’enfant.

 

La fin des classes entraîne un changement de routine important. Dès le début du mois de juin, la routine hebdomadaire se voit modifiée par l’arrivée des nombreuses périodes d’évaluation, la fin des activités d’apprentissage dirigées, l’augmentation des activités privilèges, la fin des devoirs, autres. La nouveauté et l’imprévisibilité sont deux causes importantes de stress pour tout individu, donc encore plus pour des enfants qui disposent de peu de stratégies d’adaptation et d’un cerveau en plein développement.

 

Nombreux enfants ont des appréhensions face à la fin des classes. L’idée de se séparer de l’enseignant(e) et de leurs camarades de classe peut être vécue difficilement pour plusieurs. Ainsi, déjà quelques semaines avant la fin des classes, certains enfants sont plus réactifs.

 

Nombreux enfants entretiennent des inquiétudes face à l’été. Il est attendu que leur routine changera et que cela engendrera de la nouveauté et de l’imprévisibilité, du moins durant les premières journées ou semaines de l’été. Ils passeront l’été au camp de jour, à la maison ou auprès d’une personne de confiance. Plusieurs enfants craignent de s’ennuyer de leurs amis, de ne pas les voir assez souvent ou même que cette distance brime leur amitié.

 

Nombreux enfants entretiennent des inquiétudes face à l’année scolaire suivante. Ils se demandent qui sera leur enseignant(e), si leurs amis seront encore une fois dans la même classe qu’eux, s’ils vivront des succès, etc. Les incertitudes s’accumulent et l’anticipation est présente.

 

Le mois de juin amène un niveau d’excitation élevé. À l’école, la modification à la routine engendre de l’excitation. À la maison, les routines de soirée se modifient graduellement entre autres avec la fin de la période de devoirs, la prolongation des heures de clarté et la reprise des activités sportives d’été.

 

Le mois de juin est propice à la diminution des heures de sommeil. Puisque le soleil se couche plus tard, il devient de plus en plus difficile de mettre les enfants au lit. L’heure du souper est parfois retardée. Les activités de fin de soirée sont également sujettes à s’étirer plus tard qu’à l’habitude : piscine, vélo, marche, parc. S’ils sont inscrits à des activités sportives (soccer, karaté, etc.), la routine de fin de soirée est assurément modifiée. Malgré tout, le sommeil est primordial au bon fonctionnement de l’enfant. Bien que les apprentissages soient complétés à l’école, être un élève demande à la base un grand niveau d’énergie pour supporter les nombreuses stimulations et le bruit environnant, être attentif aux nombreuses consignes (même dans les jeux), respecter les nombreuses demandes, être en relation avec ses pairs de façon positive, gérer leurs émotions et contrôler leur comportement.

 

 

IMPACTS POSSIBLES DE LA FIN DE L’ANNÉE SCOLAIRE SUR LES ENFANTS ET LES PARENTS

 

Durant la fin de l’année scolaire, nous observons de nombreux symptômes de stress chez les enfants, autant à l’école qu’à la maison. Plusieurs enfants rapportent des maux de cœur, des maux de ventre et des maux de tête. Nous observons davantage de signes de fatigue et, parfois, des difficultés au niveau du sommeil (endormissement long, réveils fréquents). Ils deviennent plus irritables et ont davantage de difficulté à gérer leurs émotions, ce qui entraîne une augmentation des crises. Ils peuvent devenir plus agités, donc avoir de la difficulté à rester en place ou à contrôler le nombre de mots qui sort de leur bouche. Certains sont plus opposants, plus confrontants, argumentent et négocient davantage les règles et les consignes. Chaque enfant vit cette période différemment. Tout dépendant la façon dont les enfants gèrent leur stress et la façon dont nous les accompagnons, certains peuvent être plus réactifs que d’autres.

 

Les parents, quant à eux, rapportent une fatigue plus élevée durant cette période. Nous observons dans plusieurs familles une augmentation des interventions disciplinaires auprès de l’enfant et des difficultés à exécuter les routines du matin et du soir. Les parents vivent des craintes face à l’arrivée des évaluations. Ils se questionnent à savoir si l’enfant est suffisamment bien préparé, si les devoirs et leçons proposés sont suffisants pour assurer le succès de leur enfant et si leur implication est adéquate dans cette préparation. Bref, ils ne savent pas toujours de quelle façon accompagner l’enfant dans cette préparation aux examens et dans la transition vers la fin des classes.

 

 

CONSEILS AUX PARENTS POUR FACILITER LA PÉRIODE D’ÉVALUATION ET LA TRANSITION VERS LA FIN DES CLASSES

 

Conserver la routine le plus possible. Maintenir une bonne routine de sommeil est primordial afin que les enfants soient disponibles mentalement et physiquement, autant à l’école qu’à la maison. Il est alors suggéré de favoriser des activités qui bougent au retour de l’école (pour libérer leur énergie et canaliser leur stress) et d’opter pour des activités calmes après le souper. Il est fortement recommandé de diminuer le plus possible l’exposition aux écrans en soirée et de ne plus y être exposé du tout minimalement une heure ou deux avant la mise au lit. Un rideau de chambre opaque permettra de couper la luminosité et de favoriser l’endormissement.

 

Ne pas apporter de modification à l’agenda scolaire de l’enfant. Les évaluations permettent de rendre compte de l’ensemble des acquis réalisés tout au long de l’année scolaire. Rendus au mois de juin, les enfants sont préparés pour réaliser leurs évaluations. Il est donc contre-indiqué d’ajouter des plages d’études et des exercices supplémentaires en fin de soirée. Il est nécessaire de s’en tenir à ce qui est demandé par l’enseignant(e), le professionnel de l’éducation qui connaît votre enfant depuis plusieurs mois. D’ailleurs, bien que ces ajouts viennent d’une bonne intention du parent, ils envoient un mauvais message à l’enfant : « Je n’ai pas confiance que tu puisses réussir tes évaluations. » ou encore « Toi, tu as besoin d’en faire plus que les autres pour réussir. ». Cela exerce une pression de performance pour l’enfant, envoyant le message que les évaluations sont plus difficiles que ce à quoi ils s’attendaient et qu’il est peut-être moins préparé qu’il le croyait. Nous pourrions alors observer une baisse du niveau de performance, par le fait qu’il soit davantage stressé en contexte d’évaluation.

 

Aider l’enfant à s’apaiser quotidiennement. Plusieurs actions simples, réalisées chaque jour, ont un impact positif et significatif sur l’enfant et améliorent grandement sa gestion des émotions :

 

  • Passer du temps de qualité avec son enfant, à travers le jeu et le plaisir. Il est important de prendre le temps de s’arrêter, durant un petit 10-15 minutes, pour être dans la relation avec son enfant plutôt que dans la tâche. Nous leur donnons des consignes, nous intervenons sur leur comportement, nous entretenons des attentes envers eux, etc. Il est important d’investir la relation autrement, à travers le plaisir. Il est important de s’intéresser à eux, à ce qu’ils ressentent, à ce qu’ils vivent. Il est primordial que l’enfant se sente aimer, inconditionnellement, pour ce qu’il est, et non pour ce qu’il fait.

 

  • Favoriser les activités qui bougent (vélo, parc, course, piscine). Les exercices permettent d’évacuer le stress accumulé durant la journée et favorisent la sécrétion de la mélatonine (hormone du sommeil). L’enfant sera davantage en mesure de gérer ses émotions après avoir bougé, sera plus détendu en soirée et s’endormira plus aisément.

 

  • Passer du temps à l’extérieur de la maison et miser sur le plein air. L’enfant a besoin de bouger, de grimper, de courir, de sauter. Dans la maison, cela peut être source de conflits et de tensions. Le fait de sortir de la maison, dans la cour arrière ou encore au parc, permettra à l’enfant de dépenser son énergie dans un environnement où cela est adéquat de le faire. De plus, cela permettra de contrôler plus facilement le temps d’exposition aux écrans.

 

Aborder les appréhensions et les inquiétudes de l’enfant. À l’arrivée de la fin des classes, il est normal que l’enfant vive des inquiétudes. Éviter d’intervenir avec des phrases telles que : « Ne t’en fais pas, l’été sera si amusant que tu n’auras pas le temps de t’ennuyer. » ou encore « N’aie pas de peine, l’année prochaine tu auras un autre professeur que tu aimeras. » Il est important de les reconnaître, de les accueillir et, surtout, de les normaliser.

 

Préparer de façon festive la fin des classes. Vous pouvez préparer avec votre enfant une carte de « bon été » pour l’enseignant(e) et pour ses amis, préparer un bottin téléphonique afin qu’il recueille les coordonnées de ses amis, organiser des activités privilèges au retour de l’école pour ses journées d’évaluation, préparer une petite fête de fin d’année avec ses amis, préparer un gâteau pour marquer la fin des classes, autres. Impliquez-le dans cette transition vers l’été en marquant le tout de façon ludique et spéciale.

 

Rappelez-vous que votre enfant n’est pas une note au bulletin. Il est important de souligner leurs progrès, leurs efforts et leur accomplissement réalisés tout au long de l’année. Éviter de mettre l’accent sur les résultats scolaires, puisqu’ils ne définissent pas votre enfant. Les résultats s’inscrivent seulement dans son parcours, qui en est d’ailleurs qu’à son commencement.

 

 

Courage, chers parents. Il ne reste que quelques jours avant la fin des classes. Cette période est difficile pour plusieurs, enfants comme parents. Les jeunes sont réactifs et différents au mois de juin, autant à l’école qu’à la maison. Normaliser leurs réactions, accueillir leurs émotions et leur permettre de canaliser ce stress chaque jour leur assurera un meilleur fonctionnement au quotidien et, par la bande, une meilleure performance aux évaluations.

 

Bon été à tous !

 

Votre intervenante, Caroline Quarré

 

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