TDAH? TROUBLE DE COMPORTEMENT? OU STRESS?

TDAH? TROUBLE DE COMPORTEMENT? OU STRESS?

Par Caroline Quarré, intervenante psychosociale (B.Sc.), conférencière et propriétaire de Service psychosocial Pas-à-Pas

Les médias parlent constamment ces temps-ci de la surmédicalisation des jeunes, des taux de diagnostic pour le TDAH très élevés, des erreurs de diagnostic … C’est également ce que je rencontre dans mon bureau! Je crois qu’on est une société pas mal vite sur la gâchette lorsque vient le temps de poser un diagnostic, mais pas mal plus lente lorsque vient le temps de mettre en place des moyens pour soutenir nos jeunes souffrants.

Quelle est l’urgence à poser un diagnostic? Pourquoi escamoter l’évaluation qui permettrait justement de préciser la source des difficultés rencontrées par l’enfant? La médication, bien souvent (je crois)! Sans diagnostic, pas de médicament! Puis, l’urgence à voir la situation s’améliorer. Cette explication, je la trouve davantage comprenable … j’accompagne tellement de parents et d’intervenants au bout du rouleau, à bout de moyens, impuissants. Or, la médication ne règle pas tout. Surtout si elle est administrée pour un diagnostic qui n’est pas le bon. Au contraire, elle peut parfois faire plus de torts et aggraver les difficultés.

Les symptômes du TDAH et du trouble d’opposition ressemblent effectivement à ceux du stress. Si on s’arrête aux symptômes, sur papier, oui, on peut envisager un diagnostic. C’est assez facile de s’y confondre. Cependant, en comprenant mieux le fonctionnement du stress dans le cerveau et en prenant en considération l’environnement dans lequel l’enfant évolue – environnement qui influence grandement, positivement comme négativement, le développement du cerveau de l’enfant – cela nous aide vraiment à y voir plus clair. Ça nous aide également à mieux interpréter ses comportements « dérangeants ». L’enfant manque souvent de mots pour exprimer ses maux, ne l’oublions pas! Il l’exprime comme il le peut, au risque de déranger.

 

PETIT APERÇU DU STRESS AU QUOTIDIEN

Les enfants perçoivent davantage de menaces dans leur environnement que l’adulte. Normal! Ils sont en apprentissage et leur cerveau est en plein développement. Identifier ce qui est une source de danger est un processus complexe que l’enfant ne maitrise pas encore.

Certains enfants perçoivent davantage de menaces que d’autres, pour différentes raisons (âge, personnalité, apprentissage par observation, expériences de vie, etc.). Cela dit, lorsqu’on perçoit une menace, qu’elle soit réelle (une agression) ou imaginée (un exposé oral), notre cerveau ne fait pas la différence. Devant un « danger », tout notre corps se mobilise pour nous permettre de SURVIVRE. Notre cœur bat plus vite, notre respiration accélère, on devient hypervigilant, on centre TOUTE notre attention sur la menace, on est prêt à attaquer ou à s’enfuir, etc. Ces réactions sont adaptées en situation de danger réel …  Mais, elles le sont beaucoup moins lorsqu’il est temps d’expliquer sa « mauvaise conduite » à son parent ou son professeur, de se concentrer sur son examen, d’organiser son travail, de tenir en place sur sa chaise, de régler un conflit, de dormir le soir, etc.

Devant un agresseur, c’est TELLEMENT adapté de combattre, de rugir et d’attaquer à son tour. Toutefois, devant le parent qui pince son enfant à faire quelque chose d’interdit, ce ne l’est pas. Claquer la porte, crier, lancer des objets, frapper ou même mordre est inadéquat, inacceptable! Or, il s’agit de la même réponse de stress, du même mécanisme de défense : l’attaque.

Devant l’agresseur, s’enfuir à toute vitesse est TELLEMENT adapté. Toutefois, ce ne l’est pas d’éviter à tout prix les situations qui nous angoissent, de refuser d’aller à une fête d’ami ou au parc parce qu’on est gêné de croiser d’autres personnes, de mentir pour se sortir rapidement du problème, de remettre constamment à plus tard une tâche qui nous déplaît ou qui nous semble difficile, etc. Or, il s’agit de la même réponse de stress, du même mécanisme de défense : la fuite.

Devant l’agresseur, il se peut que de ne rien faire, de ne plus combattre, de se soumettre et de se résigner soit notre dernière chance de survie. C’est TELLEMENT adapté. Mais, perdre toute motivation pour l’école, de ne plus rien désirer, fuir la réalité dans son imaginaire, ce l’est moins. Or, il s’agit de la même réponse de stress, du même mécanisme de défense : l’immobilisation.

Simplement en considérant ces trois mécanismes de défense, cela amène un tout autre regard sur les symptômes qu’on attribue au TDAH ou au trouble d’opposition. Oui, ces symptômes sont réels. Mais, la source n’est pas la même. Dans ce sens, les interventions AUSSI seront différentes.

 

VOUS DÉSIREZ MIEUX COMPRENDRE LE STRESS ET L’ANXIÉTÉ DES ENFANTS?

  • Découvrir en quoi une bonne hygiène de vie (alimentation, sport, sommeil et exposition aux écrans) peut RÉELLEMENT influencer le niveau de stress? Apprendre des trucs pour apporter des changements dans votre maison ou votre classe?
  • Apprendre des stratégies, étape par étape, pour accompagner l’enfant à la maison et dans la classe?
  • Apprendre des techniques de relaxation à enseigner à l’enfant?
  • Rire et vous reconnaître dans différentes mises en situation de la vie de tous les jours?

 

Je vous propose :

Ma CONFÉRENCE « L’enfant stressé : la conférence », présentée aux quatre coins du Québec : https://www.pasapas.ca/lenfant-stresse-la-conference/#billets

Mon LIVRE « L’enfant stressé : soutenir tous ensemble l’enfant de 5 à 12 ans à l’école comme à la maison » : https://pasapas.ca/product/lenfant-stresse/ (En librairie dès le 4 avril 2019)

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