Les crises des enfants : difficiles, mais nécessaires

Les crises des enfants : difficiles, mais nécessaires

 

 

Par : Caroline Quarré, intervenante psychosociale (B.Sc.)

Date : 5 mai 2020

    

 

 

Pourquoi les crises des enfants sont-elles si intenses?

Comment y réagir ? Punir? Ignorer? Consoler?

Bien que les crises chez les enfants soient difficiles à supporter par moment pour l’adulte, elles sont nécessaires! Oui, oui! Vous avez bien lu!

 

La crise répond à un besoin physique

Saviez-vous que le stress a une incidence directe sur le rythme cardiaque?

Dès le début de la journée, les stresseurs que nous rencontrons le font augmenter. Or, chez les enfants, les adolescents et même les jeunes adultes, le cerveau n’a pas la capacité de réguler le rythme cardiaque induit par le stress.

Comme le cœur ne peut pas simplement battre de plus en plus vite tout au long de la journée, deux choix s’offrent à eux pour faire redescendre la pression : pleurer ou dormir.

La libération des tensions permettra aussi au cerveau de recommencer à développer des connexions … chose difficile lorsque le cerveau est envahi de cortisol.

 

Au quotidien, ça change quoi ?

C’est ainsi qu’au retour d’une belle activité en famille qui a généré toutes sortes d’émotions (joie, excitation, impatience, etc.), les enfants font souvent une crise dans l’auto ou s’endorment.

Plus l’enfant est jeune, plus son point de rupture (la crise) arrive rapidement.

À deux ans, les pleurs arrivent plus vite qu’à quatre ans. À quatre ans, elle arrive plus vite qu’à 8 ans.

Pour les déclencher, il arrive que l’enfant crée lui-même un contexte qui lui permettra de pleurer. Il se cognera contre le mur, agacera son frère ou sa sœur jusqu’à ce que vous interveniez, « appuiera sur le bon bouton » pour vous inciter à intervenir, tirera la queue du chien jusqu’à ce que vous le chicaniez, etc. Bref, il adoptera des comportements – que vous ne comprendrez pas toujours – pour déclencher ses pleurs et ainsi se réguler.

 

Intervenir sur la bonne chose

Nous pouvons penser ici aux enfants qui vivent des épisodes de crise en boucle, mais sur lesquels les adultes – exaspérés – interviennent avec rigidité et sévérité à outrance!

Ceux-ci auraient pourtant besoin qu’on les aide à gérer leurs émotions, en les accompagnant avec bienveillance et amour.

Si vous sentez que votre enfant arrive tout près de son point de rupture, revenez au lien. Cessez d’intervenir sur tous ses comportements et réactions, et revenez au lien. C’est ce qui lui permettra de réguler son rythme cardiaque, de libérer sainement ses tensions.

Un câlin, un regard bienveillant, un discours qui valide et reflète les émotions, un accompagnement dans les techniques de relaxation … voilà ce dont l’enfant a besoin.

Intervenir sur les comportements n’aidera pas l’enfant à réguler ses émotions. Aider l’enfant à réguler ses émotions l’aidera directement à mieux tempérer ses réactions.

 

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 Pour plus de trucs et conseils afin d’accompagner vos enfants, je vous invite à consulter mon livre « L’enfant stressé : soutenir tous ensemble l’enfant de 5 à 12 ans à l’école comme à la maison ».

 

 

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