Les colères des enfants, normales ou non?

Les colères des enfants, normales ou non?

 

 

 

 

Par : Caroline Quarré, intervenante psychosociale (B.Sc.)
Date : 16 mai 2020

 

 

 

𝐂𝐞𝐬 𝐞𝐧𝐟𝐚𝐧𝐭𝐬 𝐪𝐮𝐢 𝐟𝐨𝐧𝐭 𝐬𝐨𝐮𝐯𝐞𝐧𝐭 𝐝𝐞𝐬 𝐜𝐨𝐥𝐞̀𝐫𝐞𝐬. 𝐄𝐬𝐭-𝐜𝐞 𝐥𝐞 𝐬𝐢𝐠𝐧𝐞 𝐪𝐮𝐞 𝐪𝐮𝐞𝐥𝐪𝐮𝐞 𝐜𝐡𝐨𝐬𝐞 𝐜𝐥𝐨𝐜𝐡𝐞 ?

Votre enfant est facilement contrarié ?

Il se met en colère pour “un rien” ?

Il crie, pleure, frappe, pousse, etc. lorsqu’on lui dit “non” ou qu’on lui donne une consigne qui ne lui tente pas ?

Il vit beaucoup de conflits avec les autres enfants, et encore plus à la maison avec ses frères et sœurs ?

Je vous rassure : ce n’est PAS le signe d’un trouble.

Ces réactions et comportements surviennent chez tous les enfants, à différente intensité, à différente fréquence, principalement dus à l’immaturité de leur cerveau.

 

Ce que les neurosciences affectives nous enseignent

Le cerveau de l’enfant est immature. Devant une situation qui le dérange, qui le surprend, qui le perturbe, qui le met en colère ou autre, il ne peut pas réagir comme le ferait un adulte. Même s’il le voulait, il ne pourrait pas.

L’enfant n’est pas un petit adulte. Il est un adulte en développement.

Jusqu’à l’âge de 5 ans, le cerveau reptilien et le cerveau émotionnel dominent le cerveau de l’enfant, le cortex étant beaucoup trop immature. Il lui est donc très difficile de se contrôler : il est impulsif, il utilise des stratégies parfois indésirables pour obtenir ce qu’il veut, il fait de grosses colères, il explose en larmes pour un “rien”, etc.

Il n’a pas un trouble de comportement pour autant, ni même un TDAH, un trouble d’opposition, un retard de développement ou autre. L’immaturité de son cerveau l’empêche de bien contrôler ses émotions.

Le cortex préfrontal – siège de la pensée logique, responsable du contrôle des émotions et des réactions – ainsi que les circuits neuronaux qui le relient aux cerveaux émotionnel et archaïque ne commencent à maturer qu’entre 5 et 7 ans. Alors, soyons indulgents envers ces comportements indésirables et dérangeants.

D’ailleurs, jusqu’à l’âge de 8-9 ans (âge de raison), l’enfant n’est pas en mesure de prendre une distance face à ce qu’il vit et d’avoir un regard “critique” sur son expérience. Encore une fois, son cerveau n’est pas encore assez mature pour y parvenir. Il vit donc certaines situations de façon très intense et catastrophique : un rien peut lui sembler la fin du monde. Les émotions l’envahissent réellement … même si de notre regard d’adulte, cela est complètement exagéré. Il ne voit pas ses torts, il ne comprend pas notre réaction. Il proclame l’injustice alors que ce n’est pas du tout le cas. Il a une perception erronée de la situation. Il est rigide. Il ne démord pas de son point de vue. C’est NORMAL ! Il n’est pas têtu, ni manipulateur ou même menteur … il est jeune !

Même à 10-11 ans, ces réactions sont normales ! Elles le sont encore à l’adolescence. Moins fréquentes, on le souhaite, mais tout de même normales.

Le cerveau prendra 45 ans à atteindre sa pleine maturité et à ainsi permettre à l’individu de canaliser son stress et tempérer ses réactions.

Soyons indulgents envers les enfants ; ils ne sont pas de petits adultes.

 

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