Arrête de bouger et concentre-toi!

Arrête de bouger et concentre-toi!

Par : Caroline Quarré, intervenante psychosociale (B.Sc.)

Date : 17 mai 2020

 

« Arrête de bouger et concentre-toi ! »
« Veux-tu s’il te plaît te tenir droit sur ta chaise pendant qu’on mange? »

 

 

 

Certains enfants et adolescents sont plus agités que d’autres, ce qui – comme je l’explique dans mon livre et ma conférence sur le stress et l’anxiété – peut grandement être influencé par le stress.

Un jeune qui présente un niveau d’agitation élevé est malheureusement plus susceptible de déranger en classe et de se faire chicaner par ses parents durant les devoirs et leçons ou à l’heure du repas par exemple.

Saviez-vous que lorsque le jeune (enfant, adolescent et jeune adulte) est trop stressé, son cerveau se déconnecte du cortex pour mieux assurer sa « survie »? Les apprentissages et le respect des consignes peut alors devenir très complexe.

Dans ce sens, le mouvement est une stratégie compensatoire pour canaliser le stress. Le fait de bouger l’aide à diminuer son stress et à commencer ou poursuivre une tâche.

 

La pandémie a influencé le niveau de stress à la hausse

En cette période de pandémie, je vous confirme que le stress est à la hausse dans la grande majorité des familles.

Même si votre jeune se dit heureux de rester à la maison, que cela ne le dérange pas de ne pas voir ses amis, qu’il n’a pas “peur” du virus … cela ne veut pas dire qu’il ne vit pas du stress dans son corps.

Les nombreux changements, l’imprévisibilité, la routine qui a changé, votre nouvelle conciliation travail-famille, le temps d’exposition aux écrans en hausse et votre niveau de stress ne sont que quelques exemples d’éléments pouvant augmenter le niveau de stress quotidien du jeune.

 

Lorsque les comportements sont plus frappants que les mots

L’enfant et l’adolescent manquent bien souvent de mots pour parler de ce qu’ils ressentent, ce qu’ils vivent. Leur corps et leurs comportements s’en chargent.

Bien qu’ils ne soient pas nécessairement conscients de la stratégie qu’ils utilisent – ici bouger -, cela les apaise alors ils continuent … malgré les réprimandes et avertissements.

 

Quelques conseils

Au lieu de le punir, soyez créatifs. Utilisez son besoin de bouger au lieu de le combattre.

Le jeune ne s’oppose pas ou ne confronte pas nécessairement votre autorité. Il tente d’aller mieux … par les peu de moyens dont il dispose. (On s’en reparle dans ma conférence sur l’opposition!)

 

Interventions à éviter

Il est contre-productif – voire inefficace – de :

 

❌ demander à un jeune surexcité de demeurer immobile sur sa chaise. L’énergie utilisée à rester en place ne lui sera plus disponible pour se concentrer ou pour être attentif à la tâche;

❌ punir un jeune turbulent en le privant d’une activité qu’il aime et qui bouge ou en le privant de sortir à l’extérieur, pour lui “montrer” à rester en place. Cela le prive d’une occasion de dépenser son surplus d’énergie et risque d’augmenter ses comportements perturbateurs.

 

 

 

Pour plus de trucs et conseils afin d’accompagner vos enfants, je vous invite à consulter mon livre « L’enfant stressé : soutenir tous ensemble l’enfant de 5 à 12 ans à l’école comme à la maison ».

 

Administrator