Attention à ne pas déprogrammer les enfants

Attention à ne pas déprogrammer les enfants

 

Par : Caroline Quarré, intervenante psychosociale (B.Sc.)

Date : 18 mai 2020

 

 

 

Instinctivement, les enfants font ce qui est bon pour eux : sauter au cou de l’adulte, nous prendre la main, se coller sur une personne qu’ils affectionnent et prendre des distances lorsqu’ils se sentent inconfortables.

Instinctivement, l’enfant va vers les autres. Ils partagent les jouets et la nourriture. Il recherche le contact. Il recherche le lien.

Le câlin est si important, ne serait-ce que parce qu’il permet de libérer des hormones qui contribuent à relâcher les tensions.

Les enfants nous prennent dans les bras et se prennent dans les bras entre-eux.

 

Le non-sens

Imaginez un enfant à qui on refuse un câlin – ou on l’écourte pour se décoller rapidement – à l’école ou en garderie alors qu’il a tant besoin de réconfort pour préserver la distanciation.

Heureusement, je ne crois pas que ce soit la majorité des intervenants qui le font (et qui le feront). Mais, un refus, cela en est un de trop pour l’enfant qui en a besoin.

Imaginez l’enfant qui a du chagrin, qui arrive à l’école ou à la garderie émotif, qui vit des tensions familiales, qui vit du stress chronique, qui a des difficultés quelconques … il aura BESOIN de la chaleur humaine pour que son petit cerveau puisse tempérer ses émotions et évacuer les tensions.

Il aura besoin du contact humain réconfortant pour être disponible et disposé aux apprentissages.

Imaginez un enfant se faire réprimander puisqu’il ne respecte pas les règles de distanciation physique, alors qu’il s’amusait avec un ami, prenait dans les bras un ami ou partageait des objets … choses tout à fait naturelles.

Plusieurs adultes réprimanderont s’ils sont eux-mêmes envahis par la peur, l’impuissance et le doute.

 

Le besoin de lien n’est pas considéré

Le contact physique et la chaleur humaine sont super importants, notamment pour l’apprentissage de la gestion émotionnelle.

Un enfant ne se gêne pas pour refuser un câlin, si on lui a déjà permis de le faire.

Il ne se gêne pas pour en demander un, si le lien est bien tissé.

 

Des répercussions négatives

Qu’adviendra-t-il si on lui demandait constamment de garder une distance avec les autres?

Comment apprendra-t-il à partager, à développer son empathie, à décoder les intentions de l’autre, à suivre son instinct?

Comment faire pour éviter qu’il garde tout par en dedans, ne sachant plus vers qui aller chercher de l’aide ni comment le faire?

Actuellement, plusieurs intervenants ne savent plus ce qu’ils peuvent ou non faire pour accompagner l’enfant? Certains me partagent avoir été réprimandés pour avoir câliné un enfant.

 

Lorsque l’enfant manque de mots pour s’exprimer, son corps et ses comportements s’en charge.

Les comportements et les réactions de l’enfant parlent bien plus souvent (et bien plus fort) que ses mots.

Dans un contexte où tout est chamboulé et dans lequel même l’adulte ne sait plus trop « comment » accompagner l’enfant et l’adolescent, il est à prévoir que les comportements dérangeants et maladroits augmentent.

Nous devrons nécessairement trouver des moyens pour prendre soin de l’enfant et de l’adolescent – et de l’adulte – pour adresser les émotions plutôt que les comportements.

La COVID ne sera pas un dossier classé de sous peu. Nous devrons développer des façons de faire, nous devrons innover, pour s’assurer de répondre aux besoins des jeunes et moins jeunes.

 

La rediffusion du colloque virtuel « Enseigner autrement » à l’intention du personnel scolaire est maintenant disponible au coût de 30$ (taxes et frais inclus) via ce lien : https://cerveauetpsychologie.com/enseigner-autrement-colloque-virtuel/

Pour plus de trucs et conseils afin d’accompagner vos enfants, je vous invite à consulter mon livre « L’enfant stressé : soutenir tous ensemble l’enfant de 5 à 12 ans à l’école comme à la maison ».

 

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