Pourquoi mes enfants font encore de grosses crises à 6 et 8 ans ?

Pourquoi mes enfants font encore de grosses crises à 6 et 8 ans ?

 

 

Par : Caroline Quarré, intervenante psychosociale (B.Sc.)
Date : 12 novembre 2020

 

 

Pourquoi mes enfants font encore de grosses crises à 6 et 8 ans ?

Bien que le cerveau de l’enfant de 6 ans ait déjà atteint près de 90% de sa taille adulte, il reste énormément de transformations à faire pour le rendre plus efficace. (Naître et grandir, 2016) La maturation du cerveau est un processus complexe (et long!) qui influence directement la régulation des émotions.

💥  Les crises sont donc normales à tout âge, même à l’adolescence, parce que le cerveau est encore immature à ces âges. Évidemment, on souhaite que les crises soient de moins en moins fréquentes et intenses avec le temps ; signe que l’enfant développe sa capacité à réguler ses émotions.

Plusieurs éléments favorisent la capacité à gérer ses émotions dont : le temps et l’attitude de l’adulte qui accompagne l’enfant.

 

ATTENTION : ZONE DE CONSTRUCTION

🧠 Jusqu’à l’âge de 5-6 ans, le cerveau de l’enfant est dominé par le cerveau émotionnel.

Ainsi, lorsqu’une émotion l’habite, elle vient à prendre toute la place et créer une réelle tempête émotionnelle. Ses réactions semblent par moment exagérées … exagérées pour un adulte qui, lui, a la capacité de réguler ses émotions (et encore, c’est difficile!).

Le lobe frontal de l’enfant – partie responsable de la capacité à tempérer ses émotions et analyser une situation avec jugement – prend quant à lui beaucoup de temps à se développer. Il commence d’ailleurs à se myéliniser que vers l’âge de 7-8 ans. La myélinisation est la formation d’une gaine isolante autour de certaines régions du neurone pour favoriser la transmission des signaux nerveux. Un peu comme la gaine noire autour des fils électriques.

Catherine Gueguen, pédiatre française, rappelle sans cesse que pour développer les connexions neuronales dans le cerveau de l’enfant et favoriser la maturation de son lobe frontal, l’attitude de l’adulte est déterminante. L’amour et la bienveillance participent activement à ce bon développement, contrairement aux interventions coercitives qui, elles, ont l’effet inverse. (Vivre heureux avec son enfant, 2015)

« Se calmer » est une capacité qui se développe donc avec le temps et avec une qualité de présence de la part de l’adulte.

Alors oui, les enfants de 6 et 8 ans font des crises et c’est normal.

Maintenant, qu’est-ce qu’on fait si c’est fréquent et intense?

On adopte des attitudes et interventions qui assurent l’intégration du cerveau.

 

L’INTÉGRATION DU CERVEAU …

Il faut savoir que le cerveau mettra 45 ans à atteindre sa maturité, affirme docteur Joël Monzée, docteur en neurosciences (Et si on les laissait vivre?, 2018).

Les différentes structures du cerveau se développent avant cet âge, mais ce sont surtout les connexions (neurones) entre ces différentes structures qui permettent d’utiliser au mieux nos ressources.

Docteur Daniel Siegel parle alors de « l’intégration du cerveau »; la coordination des différentes parties du cerveau pour former un tout. (Un cerveau en formation, 2019)

Notre plus grande responsabilité en accompagnant un enfant dans son développement est d’assurer cette intégration et de mettre en place des stratégies éducatives qui la visent.

Plus nos interventions seront teintées de bienveillance, de positivisme, d’indulgence, de patience et d’amour – comme l’affirme Catherine Gueguen -, plus le cerveau pourra tendre vers cette intégration.

Aider l’enfant à nommer ses émotions, normaliser ses émotions, lui offrir du réconfort, choisir la douceur et accueillir ses émotions sont quelques stratégies très favorables pour assurer cette intégration.

 

NOTRE ATTITUDE EST DÉTERMINANTE.

En situation de stress – lorsque l’enfant est émotif et, ce, même si la situation semble bien anodine pour l’adulte -, le cerveau de l’enfant et de l’adolescent de déconnecte du lobe frontal. Littéralement! Le jeune n’a donc plus la capacité de réguler ses émotions par lui-même. Il a besoin de l’aide de l’adulte.

Alors, lorsqu’un enfant de 6 ou 8 ans est contrarié, déçu, anxieux, colérique, etc., il n’est plus « raisonnable ». Il a besoin d’aide pour se calmer et diminuer l’intensité de la tempête émotionnelle dans sa tête.

L’attitude de l’adulte qui accompagne l’enfant est déterminante dans la capacité – ou non – de l’enfant à réguler ses émotions et à développer sa capacité à réguler ses émotions.

« L’adulte est le lobe frontal de l’enfant. » a écrit Sonia Lupien, directrice-fondatrice du Centre d’études sur le stress humain (À chacun son stress, 2019) Un adulte calme et serein permettra à l’enfant de calmer son système d’alarme (amygdales cérébrales responsables de la réponse de stress). À l’inverse, un adulte stressé et en réaction à la situation génèrera encore plus de stress dans le cerveau de l’enfant.

Alors, avant même d’essayer de calmer les émotions de l’enfant, il faut prendre soin des nôtres! Certainement pas facile, j’en conviens, mais nécessaire.

 

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