(Article 3 de 4) Conciliation travail-famille : faciliter l’école à la maison pour notre enfant

Plusieurs parents vivent de l’anxiété à l’idée d’accompagner et de guider leur enfant durant les périodes de travail et de leçons. « Je ne suis pas un enseignant moi! »

Aider son enfant alors qu’on doit travailler en même temps n’est pas une chose simple. Néanmoins, rappelons-nous que les enfants ont besoin de soutien et ne sont pas en mesure de s’organiser complètement seul. Un minimum d’encadrement sera nécessaire.

Pour faciliter ces périodes de travail des enfants et adolescents et la conciliation travail-famille, voici 10 astuces.

  1. Délimiter un espace de travail: Tout le monde n’a pas le luxe d’avoir un bureau à la maison ou un espace à la Pinterest pour y installer son enfant. Minimalement, votre enfant devrait retrouver dans un seul et même espace tout ce dont il a besoin pour exécuter son travail d’élève. Papier, crayons, livres d’école, ordinateur, etc. Aussi, épurez cet espace! Retirez ce qui n’est pas nécessaire pour éviter les distractions et l’encombrement.
  2. Limiter les distractions : Le bruit du petit frère qui joue avec ses blocs ou encore votre discussion téléphonique professionnelle en bruit de fond nuisent à l’attention et la concentration de votre enfant. Un espace en retrait est à privilégier.
  3. Se préparer pour sa journée. Comme pour une journée d’école, le jeune doit s’habiller et manger avant d’entamer sa journée. Manger devant l’ordinateur nuit à l’écoute des signes de satiété en plus de créer de la distraction. Travailler en pyjama indique au cerveau que nous sommes en période de repos. La préparation à la journée dispose le cerveau à une période de travail.
  4. Préparer une liste de tâches. Avant de débuter sa journée d’école, révisez avec votre enfant (et votre ado!) sa planification de la journée. Aidez-le à organiser son matériel et à lire les consignes. Cela limitera les sollicitations de sa part ensuite. Dressez une liste à cocher de tâches à réaliser. Le cerveau adore réaliser des tâches et mettre un crochet à la liste de « to do ». Il se sent alors efficace, compétent, bon. La liste de tâches doit être la plus précise et concrète que possible (ex. terminer la page 32 dans le cahier Maths+ VS faire le devoir de mathématiques). Ainsi, s’il ne parvient pas à accomplir une tâche, il peut la mettre de côté et passer à la prochaine.
  5. Définir des stratégies en cas de problèmes. Avant de rencontrer un problème (ex. : ne pas comprendre une consigne), définissez avec votre enfant différentes méthodes pour tenter de le résoudre par lui-même avant de vous solliciter. Mettez ces stratégies par écrit, ainsi votre enfant pourra s’y référer au besoin. Par exemple : relire la consigne, poser une question à l’enseignant (durant une rencontre web de classe), appeler un ami (préparer une liste de numéro de téléphone), consulter les notes de cours et exercices complétés en référence, passer à la prochaine question et y revenir dans 5 minutes, demander à son frère ou sa sœur, etc.
  6. Planifier des périodes de soutien. À différents moments planifiés de la journée, proposez votre aide à votre enfant. Tant mieux s’il n’a pas de questions. S’il en a, et que vous respectez votre engagement de venir à des moments précis, il sera davantage en mesure de patienter jusqu’à votre venue pour vous poser des questions.
  7. Retirer les appareils électroniques de loisirs. La télévision, la tablette, le cellulaire sont des sources de distraction importantes. Retirer les appareils permettra d’éviter d’y perdre son temps. Gardez un œil sur les onglets ouverts sur l’ordinateur.
  8. Éviter les écrans de loisirs (clavardage, jeux en ligne, médias sociaux, etc.) avant de faire des devoirs et leçons. Les appareils électroniques sont vraiment très stimulants et interfèrent avec l’attention et la concentration pour les activités qui suivent leur exposition. Surtout, après un jeu ultra amusant et stimulant, les tâches scolaires pourraient paraitre encore plus difficiles et ennuyeuses.
  9. Souligner les efforts de votre enfant. Malgré qu’il puisse rechigner, encouragez ses efforts est super important. Les discours du genre « Moi aussi je dois travailler de la maison et ce n’est pas plus le fun pour moi. » sont vraiment à éviter. L’empathie et l’encouragement seront de loin plus aidants. C’est surprenant combien une phrase comme « Ouf, tu as l’air vraiment découragé. Bravo de continuer d’essayer. » peut avoir un effet positif.
  10. Quand c’est fini, c’est fini!Lorsque la journée d’école est terminée, elle est terminée. Il est déjà difficile pour les enfants de faire l’école à la maison, c’est nécessaire d’avoir du répit et du plaisir après sa journée d’école. Peu importe la façon dont s’est déroulée la journée d’étude, l’enfant a droit à du plaisir et du bon temps en famille. Autrement, un climat d’enfer s’installera et la démotivation sera au rendez-vous. En soirée, on décroche!

Rappelez-vous que nul n’est tenu à l’impossible. Exigez des efforts de la part de vos enfants, de la rigueur et du travail bien fait, c’est normal et souhaitable. Mais, n’exigez pas l’impossible et soyez à l’écoute de leurs émotions. Cette période n’est vraiment pas évidente pour les parents et ne l’est pas plus pour les jeunes.

Offrons-leur le meilleur environnement pour qu’ils puissent effectuer leurs tâches scolaires. Faisons en sorte qu’ils aiment l’école, à la maison comme en classe. Surtout, soyons conscients et responsables face à notre attitude et notre discours en lien avec l’école à la maison. Un discours négatif nuira considérablement à leur implication et leur motivation.

Pour aller plus loin, je vous invite à télécharger mon guide gratuit La réussite éducative : stratégies pour stimuler l’envie d’apprendre et la motivation scolaire.

Je vous invite aussi à lire mon article « Arrête de bouger et concentre-toi ».

La responsabilisation : une clé au bien-être

Dans le contexte actuel, il peut être tentant de « chercher le coupable », de mettre de l’avant tout ce qui (et ceux qui) nuit à notre bien-être. Il peut être tentant d’accuser le Réseau de l’Éducation, le Réseau de la santé, le gouvernement, notre employeur, etc. pour tout ce qui ne fonctionne pas en ce moment. Or, la victimisation n’aidera personne à aller mieux, au contraire. Cette posture nous plonge dans l’impuissance, l’anxiété. La responsabilisation, en contrepartie, permettra de rediriger notre énergie pour créer du beau et du bon.

La responsabilisation ne veut pas dire de se rendre responsable de ce qui arrive. Cela veut dire d’être responsable dans la façon dont nous gérons cette situation. Prendre action sur des choses sur lesquelles nous avons du contrôle (notre attitude, nos choix, notre discours, nos actions, nos choix …). Cela aura pour effet de favoriser notre bien-être, notre efficacité, notre sentiment de compétences … et diminuera notre sentiment d’impuissance et d’anxiété.

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