(Article 4 de 4) Conciliation travail-famille : apprivoiser l’ennui et gérer le temps d’exposition aux écrans

Occuper les enfants alors que nous devons travailler peut rapidement devenir exigeant. Bien qu’il serait souhaitable que les jeunes parviennent à s’occuper seul, ce n’est pas le cas de la majorité des enfants. C’est d’ailleurs un gros problème actuellement : les jeunes parviennent difficilement à gérer l’ennui.

Voici donc 4 astuces pour aider votre enfant à développer sa capacité à s’ennuyer.

4 conseils pour aider votre enfant à apprivoiser l’ennui

  1. Créer avec lui une banque d’activités pour les moments d’ennui. Lister différentes activités que votre enfant aime faire et qu’il peut faire sans votre aide. Plutôt que de tenter vous-mêmes d’organiser les temps libres de votre enfant, redirigez-le vers cette banque d’idées.

  2. Ne jugez pas la façon dont il occupe ses temps libres. Il peut bien “perdre son temps” s’il le veut. L’idée est qu’il se sente bien, qu’il gère les émotions suscitées par cette situation, alors qu’il est seul et qu’il n’a rien à faire. Vous verrez, il ne restera pas si longtemps à « ne rien faire ».

  3. Prévoyez des moments libres durant la journée, sans activité à l’horaire. Il doit avoir l’occasion de prendre soin de lui, de se poser. Il doit apprendre à vivre sans être constamment stimulé par une personne ou un appareil.

  4. Donner l’exemple. Prendre du temps pour soi et ne rien faire n’est pas une perte de temps! C’est nécessaire! N’hésitez pas à nommer à voix haute à votre enfant que vous prenez un temps pour vous et partagez combien cela vous fait du bien. Les jeunes apprennent par l’exemple!

     

Finalement, voici quelques stratégies en rafale pour gérer le temps d’exposition aux écrans de loisirs :

  • Imposer une limite de temps quotidien.
  • Mettre une alarme pour aider à contrôler ton temps.
  • Superviser le contenu consulté et prioriser du contenu éducatif, adapté pour l’âge de l’enfant/adolescent.
  • Être un exemple. Ce qui est demandé à l’enfant est respecté par l’adulte.
  • Éviter de récompenser et de sévir avec les écrans. Les écrans doivent faire partie de l’hygiène de vie … et on ne joue avec pas l’hygiène de vie!
  • Considérer les écrans comme un privilège et non comme un droit.
  • Fermer et ranger les appareils après utilisation (loin de la vue).
  • Prévoir des moments “sans écran” à l’horaire.
  • Prendre des pauses à chaque 20 minutes pour bouger et reposer les yeux.
  • Se déconnecter de tes médias sociaux après utilisation.
  • Désinstaller les notifications de tes appareils pour éviter la distraction.
  • Appeler un ami plutôt que de clavarder (chatter). C’est moins stimulant pour ton cerveau!
  • Diviser le temps d’exposition en plusieurs courtes périodes dans la journée.
  • Éviter les écrans de loisirs avant de partir pour l’école ou durant les pauses.
  • Fermer les écrans 2h avant d’aller au lit et sortir tes appareils de la chambre à coucher.
  • Faire une journée sans écran par semaine pour explorer d’autres loisirs et activités.

L’ennui est la porte de la créativité! Même si vous êtes le meilleur des parents G.O., jamais je ne recommanderai qu’on s’occupe continuellement des jeunes. Voir à leurs besoins, oui. Être constamment derrière eux pour s’assurer qu’il ne manque de rien et qu’ils ont du plaisir, certainement pas.

Apprendre à s’occuper seul durant ses temps libres aidera votre enfant à mieux tolérer les temps d’attente. Il gèrera mieux ses émotions à la maison, alors que rien n’est organisé. Il se sentira mieux en classe, alors qu’il a terminé un travail et qu’il doit patienter.

Gérer l’ennui permet de profiter davantage du moment présent. Il fera appel à son imagination, à sa créativité et à son autonomie. Il prendra le temps de faire des choses qui lui échappent habituellement, puisque nous organisons son horaire au quart de tour en enchaînant les activités les unes après les autres.

S’occuper seul est difficile pour un enfant qui n’a jamais eu à le faire. Cela s’apprend.

La responsabilisation : une clé au bien-être

Dans le contexte actuel, il peut être tentant de « chercher le coupable », de mettre de l’avant tout ce qui (et ceux qui) nuit à notre bien-être. Il peut être tentant d’accuser le Réseau de l’Éducation, le Réseau de la santé, le gouvernement, notre employeur, etc. pour tout ce qui ne fonctionne pas en ce moment. Or, la victimisation n’aidera personne à aller mieux, au contraire. Cette posture nous plonge dans l’impuissance, l’anxiété. La responsabilisation, en contrepartie, permettra de rediriger notre énergie pour créer du beau et du bon.

La responsabilisation ne veut pas dire de se rendre responsable de ce qui arrive. Cela veut dire d’être responsable dans la façon dont nous gérons cette situation. Prendre action sur des choses sur lesquelles nous avons du contrôle (notre attitude, nos choix, notre discours, nos actions, nos choix …). Cela aura pour effet de favoriser notre bien-être, notre efficacité, notre sentiment de compétences … et diminuera notre sentiment d’impuissance et d’anxiété.

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