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Le multitâche n’est pas une habileté à développer, au contraire!

Caroline Quarré2025-11-19T09:48:17-05:00
Caroline Quarré 0 Comments

Durée de lecture : 8 minutes

On croit souvent, à tort, qu’on peut faire plusieurs choses à la fois.

Les jeunes disent à leurs parents qu’ils sont pleinement capables de faire leurs devoirs, d’écouter une série en « background » et de répondre aux textos de leurs ami-es.

Les adultes, eux, ne font pas mieux : un œil sur un courriel, l’autre sur une notification Teams, tout en pensant à la liste d’épicerie et en répondant à leur texto alors qu’ils travaillent.

Croire qu’on peut développer la capacité de faire plusieurs choses en même temps est erroné! Le cerveau n’est pas fait pour faire du multitâche.

Ce n’est pas parce qu’on le fait régulièrement qu’on s’y habitue ou qu’on devient meilleur à le faire. Au contraire, on s’épuise.

Le cerveau ne fonctionne pas comme ça. Il ne peut pas se concentrer pleinement sur deux tâches à la fois. Lorsqu’on tente de le faire, l’attention se divise. C’est ce qu’on appelle la fragmentation de l’attention.

La charge mentale nous épuise, jeunes comme adultes

Qu’on soit enfant, adolescent ou adulte, la fragmentation de l’attention entraîne les mêmes effets : une baisse de concentration et d’efficacité, une fatigue mentale et, à long terme, une augmentation du stress, de l’anxiété et du sentiment de surcharge.

Chez les jeunes, c’est encore plus difficile. Leur cerveau est en plein développement et les régions responsables de la régulation, de la planification et de la persévérance à l’effort ne sont pas encore matures. Autrement dit, ils disposent de moins d’habiletés pour gérer la tentation et maintenir leur attention sur la tâche. On ne peut donc pas simplement leur demander de se concentrer. Il faut les y aider et créer des conditions propices à la concentration et à la persévérance à l’effort.

Chez les adultes, le piège est différent, mais tout aussi réel. Les journées sont remplies de micro-interruptions : un courriel qui entre, une vibration dans la poche qui annonce une notification, un rappel au calendrier, un message texte, un message vocal, etc.

Chaque distraction semble anodine, mais elle brise le fil de la pensée et épuise le cerveau. Il passe constamment d’une tâche à une autre, d’une idée à une autre, sans jamais avoir le temps de récupérer. Et chaque fois qu’on revient à la tâche initiale, il faut du temps pour se réajuster. Le cerveau ne « saute » pas d’une tâche à l’autre : il doit se réorganiser à chaque fois.

On parle ici de charge mentale numérique.

À celle-ci s’ajoute la charge mentale du quotidien : penser au souper, planifier un rendez-vous, payer une facture, etc. Tout ça, bien souvent, pendant qu’on travaille ou durant chacune de nos pauses.

Nous sommes constamment sollicités, constamment en train de diviser notre attention, tout en exigeant de notre cerveau qu’il reste productif.

Pas étonnant qu’à la fin de la journée, plusieurs disent avoir l’impression d’avoir « fait tout et rien en même temps ».

Outiller les jeunes et les adultes est nécessaire.

Ce phénomène m’amène souvent à intervenir autant auprès des jeunes que des adultes. Alors que j’anime des conférences auprès des jeunes sur la gestion des écrans, j’en présente aussi aux adultes en milieu de travail.

La gestion des écrans et du multitâche numérique n’est pas qu’un enjeu de performance : c’est un enjeu de bien-être et de santé mentale. Les organisations ont tout à gagner à outiller leurs équipes pour protéger leur attention, leur énergie et leur fonctionnement.

La double fonction de nos appareils est un piège : entre travail et plaisir

L’un des grands défis du numérique, c’est que nos appareils ont une double fonction. Ils servent autant au travail qu’aux loisirs.

Le même ordinateur permet de rédiger un rapport et d’ouvrir TikTok. Le même téléphone permet de répondre à un client et de faire un tour sur Instagram ou de remplir un panier Amazon.

Pour le cerveau, cette coexistence est très difficile à gérer.

Les écrans activent le système dopaminergique, responsable du plaisir et de la motivation. Plus l’accès au plaisir est rapide et sans effort, plus le cerveau y revient facilement. C’est pourquoi, lorsque nous sommes confrontés à une tâche exigeante, longue ou stressante, la tentation d’ouvrir un écran de loisir augmente. Elle soulage temporairement le malaise généré par la tâche, en nous permettant de le fuir quelques instants.

Le jeune qui s’évade sur TikTok pendant ses devoirs vit la même chose que l’adulte qui, devant une boîte courriel débordante, se met à défiler sur son téléphone. Dans les deux cas, c’est une forme d’évitement du stress.

Ces petites évasions cognitives, comme je les appelle, sont des signaux. Elles révèlent souvent un niveau de stress, une surcharge ou un besoin d’aide pour mieux structurer ses tâches.

Chez les jeunes, cela peut signifier un besoin de soutien pour planifier leur travail, diviser une tâche trop longue en plusieurs petites tâches, recevoir de l’aide d’un adulte ou développer des stratégies d’apprentissage. Cela peut aussi mettre en lumière une incapacité à tolérer l’ennui ou les émotions désagréables.

Chez les adultes, cela peut indiquer un besoin d’outils d’organisation, de gestion du temps ou de stratégies de régulation du stress. Tout comme les jeunes, cela peut mettre en lumière la difficulté à fonctionner avec des contraintes, à tolérer le stress et les émotions désagréables.

Plus nous aurons d’habiletés pour gérer les défis du quotidien, moins nous ressentirons le besoin de fuir — notamment dans nos applications ludiques.

Mais il faut aussi reconnaître que les écrans demeurent très tentants pour le cerveau. Ils offrent un accès au plaisir sans délai ni effort, tout en évitant le malaise. Peu de choses rivalisent avec ça.

D’où l’importance de mettre en place des façons de faire qui protègent notre attention et notre concentration.

Stratégies concrètes pour favoriser notre attention et notre énergie

Voici quelques stratégies simples et efficaces, autant pour les adultes que pour les jeunes :

  1. Ouvrir seulement les onglets nécessaires à la tâche : Garder d’autres pages ouvertes maintient la tentation et divise l’attention. Travailler sur un seul onglet à la fois aide le cerveau à se concentrer sur une seule chose.
  2. Désactiver les notifications : Chaque alerte interrompt le processus de pensée et crée une micro-fragmentation. Fermer les notifications favorise la continuité mentale et réduit le stress.
  3. Activer le mode avion ou « ne pas déranger » : Quand l’accès à Internet est nécessaire, limiter tout de même les alertes aide à préserver un environnement de travail sans interruption.
  4. Ranger le cellulaire hors de la vue : Même éteint, sa simple présence capte une partie de notre attention. Le garder loin du champ visuel libère le cerveau d’une charge cognitive inutile.
  5. Utiliser un seul écran à la fois : Passer d’un écran à l’autre épuise le cerveau. Mieux vaut choisir un seul appareil pour accomplir la tâche. En plus, cela réduit les distractions : chaque appareil ouvre sur un monde de possibilités et il suffit d’un onglet qui attire momentanément notre attention pour qu’on s’y perde sans s’en rendre compte.
  6. Réaliser une tâche à la fois : Le multitâche n’existe pas réellement. Enchaîner les tâches, plutôt que les superposer, améliore la qualité, réduit les erreurs et préserve l’énergie mentale.

En conclusion, notre cerveau n’est pas conçu pour vivre dans un état de stimulation constante. Plus nous apprendrons à protéger notre attention, plus nous préserverons notre santé mentale, notre fonctionnement et notre bien-être.

Et cela commence souvent par un geste simple : se donner la permission de faire une seule chose à la fois.


Sources

Ces ouvrages offrent un éclairage scientifique complémentaire sur les mécanismes du stress, de la dopamine et de l’attention à l’ère numérique :

  • Lembke, A. (2024). Un monde sous dopamine : Retrouver l’équilibre à l’ère du plaisir instantané (C. Lavaste, Trad.). Paris : Eyrolles. (Œuvre originale publiée en 2021 sous le titre Dopamine Nation). ISBN 978-2416014833.
  • Lupien, S. (2023). Le stress au travail vs le stress du travail : Comment réinventer le travail pour diminuer le stress. Québec : Éditions Va Savoir. ISBN 978-2-9820495-6-7.
  • Eyal, N., & Hoover, R. (2014). Hooked: How to Build Habit-Forming Products. New York, NY : Portfolio/Penguin. ISBN 978-1591847786.

Texte par Caroline Quarré, intervenante psychosociale (B.Sc.), conférencière et propriétaire de Service psychosocial Pas-à-Pas

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