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TDAH? TROUBLE DE COMPORTEMENT? OU STRESS?

Par Caroline Quarré, intervenante psychosociale (B.Sc.), conférencière et propriétaire de Service psychosocial Pas-à-Pas

Les médias parlent constamment ces temps-ci de la surmédicalisation des jeunes, des taux de diagnostic pour le TDAH très élevés, des erreurs de diagnostic … C’est également ce que je rencontre dans mon bureau! Je crois qu’on est une société pas mal vite sur la gâchette lorsque vient le temps de poser un diagnostic, mais pas mal plus lente lorsque vient le temps de mettre en place des moyens pour soutenir nos jeunes souffrants.

Quelle est l’urgence à poser un diagnostic? Pourquoi escamoter l’évaluation qui permettrait justement de préciser la source des difficultés rencontrées par l’enfant? La médication, bien souvent (je crois)! Sans diagnostic, pas de médicament! Puis, l’urgence à voir la situation s’améliorer. Cette explication, je la trouve davantage comprenable … j’accompagne tellement de parents et d’intervenants au bout du rouleau, à bout de moyens, impuissants. Or, la médication ne règle pas tout. Surtout si elle est administrée pour un diagnostic qui n’est pas le bon. Au contraire, elle peut parfois faire plus de torts et aggraver les difficultés.

Les symptômes du TDAH et du trouble d’opposition ressemblent effectivement à ceux du stress. Si on s’arrête aux symptômes, sur papier, oui, on peut envisager un diagnostic. C’est assez facile de s’y confondre. Cependant, en comprenant mieux le fonctionnement du stress dans le cerveau et en prenant en considération l’environnement dans lequel l’enfant évolue – environnement qui influence grandement, positivement comme négativement, le développement du cerveau de l’enfant – cela nous aide vraiment à y voir plus clair. Ça nous aide également à mieux interpréter ses comportements « dérangeants ». L’enfant manque souvent de mots pour exprimer ses maux, ne l’oublions pas! Il l’exprime comme il le peut, au risque de déranger.

 

PETIT APERÇU DU STRESS AU QUOTIDIEN

Les enfants perçoivent davantage de menaces dans leur environnement que l’adulte. Normal! Ils sont en apprentissage et leur cerveau est en plein développement. Identifier ce qui est une source de danger est un processus complexe que l’enfant ne maitrise pas encore.

Certains enfants perçoivent davantage de menaces que d’autres, pour différentes raisons (âge, personnalité, apprentissage par observation, expériences de vie, etc.). Cela dit, lorsqu’on perçoit une menace, qu’elle soit réelle (une agression) ou imaginée (un exposé oral), notre cerveau ne fait pas la différence. Devant un « danger », tout notre corps se mobilise pour nous permettre de SURVIVRE. Notre cœur bat plus vite, notre respiration accélère, on devient hypervigilant, on centre TOUTE notre attention sur la menace, on est prêt à attaquer ou à s’enfuir, etc. Ces réactions sont adaptées en situation de danger réel …  Mais, elles le sont beaucoup moins lorsqu’il est temps d’expliquer sa « mauvaise conduite » à son parent ou son professeur, de se concentrer sur son examen, d’organiser son travail, de tenir en place sur sa chaise, de régler un conflit, de dormir le soir, etc.

Devant un agresseur, c’est TELLEMENT adapté de combattre, de rugir et d’attaquer à son tour. Toutefois, devant le parent qui pince son enfant à faire quelque chose d’interdit, ce ne l’est pas. Claquer la porte, crier, lancer des objets, frapper ou même mordre est inadéquat, inacceptable! Or, il s’agit de la même réponse de stress, du même mécanisme de défense : l’attaque.

Devant l’agresseur, s’enfuir à toute vitesse est TELLEMENT adapté. Toutefois, ce ne l’est pas d’éviter à tout prix les situations qui nous angoissent, de refuser d’aller à une fête d’ami ou au parc parce qu’on est gêné de croiser d’autres personnes, de mentir pour se sortir rapidement du problème, de remettre constamment à plus tard une tâche qui nous déplaît ou qui nous semble difficile, etc. Or, il s’agit de la même réponse de stress, du même mécanisme de défense : la fuite.

Devant l’agresseur, il se peut que de ne rien faire, de ne plus combattre, de se soumettre et de se résigner soit notre dernière chance de survie. C’est TELLEMENT adapté. Mais, perdre toute motivation pour l’école, de ne plus rien désirer, fuir la réalité dans son imaginaire, ce l’est moins. Or, il s’agit de la même réponse de stress, du même mécanisme de défense : l’immobilisation.

Simplement en considérant ces trois mécanismes de défense, cela amène un tout autre regard sur les symptômes qu’on attribue au TDAH ou au trouble d’opposition. Oui, ces symptômes sont réels. Mais, la source n’est pas la même. Dans ce sens, les interventions AUSSI seront différentes.

 

VOUS DÉSIREZ MIEUX COMPRENDRE LE STRESS ET L’ANXIÉTÉ DES ENFANTS?

  • Découvrir en quoi une bonne hygiène de vie (alimentation, sport, sommeil et exposition aux écrans) peut RÉELLEMENT influencer le niveau de stress? Apprendre des trucs pour apporter des changements dans votre maison ou votre classe?
  • Apprendre des stratégies, étape par étape, pour accompagner l’enfant à la maison et dans la classe?
  • Apprendre des techniques de relaxation à enseigner à l’enfant?
  • Rire et vous reconnaître dans différentes mises en situation de la vie de tous les jours?

 

Je vous propose :

Ma CONFÉRENCE « L’enfant stressé : la conférence », présentée aux quatre coins du Québec : https://pasapas.wpengine.com/lenfant-stresse-la-conference/#billets

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L’enfant paresseux

L’enfant paresseux

Par Caroline Quarré, intervenante psychosociale (B.Sc.), conférencière et propriétaire de Service psychosocial Pas-à-Pas


Trop souvent, nous confondons les symptômes de stress comme la procrastination et le sabotage à des traits de personnalité vraiment peu flatteurs : paresseux, insouciant, capricieux, lâcheur.

En plus de ne pas reconnaître le besoin de l’enfant derrière ce symptôme en utilisant ces qualificatifs, cela est très nuisible pour son développement.

Au fil du temps, les reflets négatifs de l’adulte à l’égard de l’enfant peuvent influencer négativement ses comportements et attitudes.

Ils peuvent même les provoquer.

L’effet de pygmalion est en un bon exemple. On peut aussi parler « d’autoréalisation des prophéties » ou de l’effet placebo.

Lorsque je pose une étiquette à une personne, j’entretiens des attentes envers elle qui correspondent à l’étiquette et non pas à sa personne globale.

Si je trouve Sophie paresseuse, je m’attendrai à ce qu’elle ne s’active pas lorsque je lui demande de participer aux tâches dans la maison.

En l’interpellant, j’adopterai une attitude qui correspond à l’étiquette. Je m’adresserai à elle en prévoyant qu’elle refuse de s’activer.

Avant même de savoir si elle le fera ou non, je serai prête à réagir à son refus. La formulation de ma demande en témoignera : « Sophie, j’aimerais que tu fasses la vaisselle pour une fois.

Ce n’est pas toujours aux autres de tout faire dans la maison. »

Cette attitude suffira à influencer négativement le comportement de Sophie.

Devant une telle affirmation, il est probable qu’elle se sente menacée et qu’elle adopte des comportements de fuite ou d’attaque que vous interprèterez comme des comportements « dérangeants » : faire de l’écoute sélective, ignorer la demande, négocier, argumenter, refuser la tâche, etc.

Ces comportements sont néanmoins bien plus le reflet du malaise provoqué par la situation que de sa personnalité elle-même.

Or, la réaction de Sophie confirmera l’étiquette : elle est paresseuse.

Sophie développera alors des réactions lors des demandes qui donneront raison à son étiquette.

Elle choisira peut-être même d’y correspondre. Il est beaucoup plus facile de « choisir » d’être paresseuse que de tenter de défendre notre égo en prouvant aux gens que nous ne le sommes pas.

La procrastination est fréquente en contexte de stress et permet d’une certaine façon à l’individu de se préserver le plus longtemps possible d’un malaise psychologique.

L’individu, dans ce cas-ci l’enfant, fait tout pour repousser le moment où il devra se mettra à la tâche.

Cette tâche peut lui sembler menaçante pour différentes raisons.

Elle peut sembler difficile, longue, ennuyeuse, interminable, etc.

Plutôt que de supporter l’inconfort psychologique induit par la tâche, l’enfant fait tout pour la repousser le plus possible.

Il trouvera donc toutes sortes de prétextes pour ne pas s’y mettre. Tout à coup, il préférera faire le ménage de sa chambre que vous lui demandez depuis plusieurs jours plutôt que de faire son devoir.

Il tiendra mordicus à terminer sa partie de jeu vidéo ou son émission avant d’ouvrir ses livres. Ou encore, il aimera mieux « niaiser » et déranger ses camarades de classe plutôt que de s’activer devant son exercice de français.

Pour ma part, je suis la spécialiste de la procrastination. Lors de la période de déclaration des impôts entre autres, ma maison brille comme jamais !

Lorsque je dois appeler un proche pour lui demander un service et que cela me gêne, je réalise toutes les tâches qui figurent sur ma « To do list » depuis plusieurs jours (laver les plaintes, changer les batteries de la veilleuse de ma fille, ranger les vêtements en prévision du changement de saison …).

Je me rappelle avoir été comme cela en tant qu’étudiante aussi. J’attendais toujours à la dernière minute pour commencer un travail qui me demandait un effort considérable.

Le sabotage, quant à lui, reflète le désir de se sortir rapidement d’une situation inconfortable. Les adultes attribuent souvent à tort ce symptôme à de la paresse.

Un enfant qui perçoit la tâche comme menaçante peut tenter de se libérer de l’inconfort induit en la sabotant.

Alors que cela lui avait tout pris pour débuter son devoir par exemple, il le réalise maintenant de façon grossière et rapide, sans s’appliquer.

La rapidité prime sur la qualité. À la grande frustration des parents.

Je vous l’accorde que de cette perspective, ces comportements peuvent être frustrants pour l’adulte qui l’accompagne et qui ne comprend pas le besoin caché derrière.

L’enfant qui vit des défis relationnels peut également saboter ses relations.

Plutôt que de prendre le risque de se rendre vulnérable devant l’autre et de risquer que le lien se brise un jour ou l’autre, il sabotera la relation en provoquant la rupture.

Il peut susciter des conflits, tester les limites au maximum, se mettre en position où il se fera rejeter.

Du moins, choisir de briser une relation est plus « facile » au plan psychologique que de se faire rejeter ou d’entretenir l’idée que l’on puisse être rejeté.

Alors, devant un enfant « paresseux », prenez le temps d’observer la situation, d’observer vos demandes (formulation, ton de voix, positionnement de votre corps …) et d’observer la façon dont il réagit aux demandes.

Plutôt que d’adresser son comportement « dérangeant » ou de le critiquer, demandez-vous plutôt ce qui empêche l’enfant de se mettre à la tâche.

Agissez alors sur la cause et non sur le comportement de « paresse ».

Rappelez-vous que son cerveau immature entraîne des réactions et des comportements que l’enfant lui-même ne comprend pas et ne choisit pas. L’indulgence est alors de mise.


Aider son enfant à gérer le stress de la rentrée

Aider son enfant à gérer le stress de la rentrée

Par Caroline Quarré, intervenante psychosociale (B.Sc.), conférencière et propriétaire de Service psychosocial Pas-à-Pas

POURQUOI LA RENTRÉE SCOLAIRE EST-ELLE SI STRESSANTE ?

Bien que ce qui stresse une personne n’en stresse pas nécessairement une autre, le Centre d’études sur le stress humain a identifié 4 causes universelles au stress : le CINÉ.

  • Sentiment de perte de Contrôle
  • Imprévisibilité
  • Nouveauté
  • Menace à l’Égo (les gens doutent de mes compétences ou les remettent en question)

Lorsqu’un individu rencontre une situation où l’une ou l’autre des composantes du CINÉ y est associée, il libère des hormones de stress. Ce, indépendamment de son âge, de son sexe, de son origine, de son statut socio-économique et de son statut matrimonial. Il faut savoir que ces composantes sont cumulatives. Ainsi, plus il y a d’éléments du CINÉ impliqués dans la situation, plus elle est stressante. Finalement, l’effet de l’anticipation est équivalent en termes de stress, sinon pire. En anticipant une situation, nous libérons des hormones de stress. Donc, l’enfant qui rumine face à son retour à l’école sécrétera des hormones de stress durant plusieurs jours et non seulement le jour de la rentrée.


La rentrée scolaire est très stressante pour plusieurs enfants et adolescents. Plusieurs éléments du CINÉ y sont associés. Pour certains enfants, un seul élément est associé alors que pour d’autres, ce sont les quatre. Voici quelques exemples qui vous permettront d’y voir plus clair :

  • Sentiment de perte de contrôle: Je ne peux décider des amis qui seront dans ma classe. Je ne choisis pas mon enseignant. Je ne peux pas choisir d’aller à l’école ou non. Je ne peux pas revenir à la maison si je suis inquiet ou si je m’ennuie trop de mes parents.
  • Imprévisibilité : Je ne connais pas le trajet d’autobus. Je ne sais pas comment va se dérouler la journée. Je ne connais pas les activités que nous ferons cette semaine.
  • Nouveauté: J’ai un nouvel enseignant. J’ai de nouveaux camarades de classe. J’ai une nouvelle classe.
  • Menace à l’égo: J’ai peur d’avoir à me présenter devant ma classe et que tout le monde remarque que je suis très gêné. Mes parents me promettent une surprise si la journée se passe bien, mais je ne sais pas si je serai capable de bien agir toute la journée. J’aurai un cadeau au retour de l’école si je prends l’autobus sans pleurer. Je ne sais pas si je serai capable puisque je suis trop inquiet. Et, je ne veux pas décevoir mes parents et faire le bébé.

AGIR SUR LE CINÉ POUR DIMINUER LE STRESS


Maintenant que vous connaissez les quatre composantes du stress, vous pouvez agir sur chacun d’eux directement.


Augmenter le sentiment de contrôle de votre enfant. Donnez-lui des choix, autant que possible. Je sais bien qu’il ne peut pas décider d’aller ou non à l’école ni de revenir à la maison s’il s’ennuie trop de vous. Toutefois, il peut choisir ce qu’il mettra dans sa boîte à lunch. Il peut choisir les vêtements qu’il portera. Il peut choisir l’ami avec lequel il prendra place dans l’autobus. Il peut choisir un petit déjeuner spécial. Il peut choisir à l’avance 2 ou 3 moyens à mettre en place s’il sent son niveau de stress augmenter (exemple : faire des respirations, demander de l’aide à un adulte). Il peut choisir l’activité privilège qu’il fera au retour de l’école pour marquer la rentrée scolaire.


Diminuer l’imprévisibilité : Pour diminuer l’imprévisibilité, le retour à la routine à la maison est de mise. Vous pouvez planifier avec votre enfant la routine du matin et même l’horaire de la semaine, et utiliser un soutien visuel au besoin (pictogramme, affiche, calendrier de la semaine). De plus, vous pouvez identifier à l’avance avec lui ce qu’il peut faire dans diverses situations : si un inconnu lui parle dans la rue sur son trajet vers l’école, s’il a un conflit dans la cour d’école, s’il est inquiet ou qu’il ne se sent pas bien, etc. S’il prend l’autobus pour la première fois, vous pouvez suivre l’autobus scolaire en voiture avec votre enfant à vos côtés pour lui montrer le trajet.


Diminuer la nouveauté : Pour diminuer l’effet de nouveauté, vous pouvez visiter le site internet de l’école pour y regarder des images de l’établissement ou des photos des membres du personnel. Vous pouvez aller jouer dans la cour d’école en soirée ou prendre une marche en passant devant le terrain de l’école. Vous pouvez faire le chemin qui mène à l’arrêt d’autobus ou à l’école avec lui, en guise de pratique.


Augmenter le sentiment de confiance en soi : Afin d’augmenter le sentiment de confiance en lui de votre enfant, misez toujours davantage sur les efforts que sur les résultats. Évitez de mettre de la pression sur votre enfant afin qu’il se comporte bien ou qu’il gère bien ses émotions (« Là, tu écoutes ton enseignant et tu es gentil avec les amis. » ou encore « Tu vas être capable de faire ça comme un grand et ne pas pleurer. ») Soyez positif et souhaitez-lui simplement du plaisir à l’école. Rappelez-lui que vous avez confiance que la journée va bien se dérouler. Vous pouvez également prévoir un petit privilège au retour de l’école, indépendamment du déroulement de sa journée, simplement pour souligner son entrée scolaire.


QUELQUES TRUCS SUPPLÉMENTAIRES


Accueillir les inquiétudes et les émotions de l’enfant. Lorsque votre enfant vous partage ses inquiétudes, écoutez-le et accueillez ce qu’il ressent. Surtout, restez calme. L’enfant est une éponge. Si vous lui démontrez que vous êtes inquiet par rapport à la situation, il croira qu’il a raison de l’être aussi. Cela augmentera son stress. Normalisez ses émotions et ses réactions : « C’est normal d’être inquiet en début d’année scolaire. Il y a tellement de nouveauté et de changement en même temps. » ou même « C’est normal de t’ennuyer de moi et de papa quand tu es à l’école. Moi aussi je m’ennuyais beaucoup de mes parents lorsque j’avais ton âge. Il m’arrivait même de pleurer et d’avoir besoin d’être consolée par mon enseignante. » Évitez de vous mettre en mode « solution » et de le bombarder de 1001 trucs. Votre enfant a simplement besoin d’être écouté et réconforté.


Prévoir plus de temps pour la routine du matin. Pour la première semaine minimalement, prévoyez plus de temps le matin pour vous préparer. Et ce, même si votre enfant fréquente l’école depuis plusieurs années déjà. Il est préférable de réveiller les enfants 15-20 minutes plus tôt que de courir partout, de leur mettre de la pression et de partir à l’école dans une ambiance négative. D’ailleurs, mettre de la pression sur les enfants afin qu’ils s’activent augmente son niveau de stress. Cela peut engendrer toutes sortes de comportements indésirables de leur part. Surtout, cela engendre l’effet inverse : ils ralentissent.


Favoriser l’exposition. Les personnes anxieuses ont tendance à vouloir éviter la source de stress. Toutefois, plus une personne évite une situation, plus il sera difficile d’y faire face ultérieurement. L’idée n’est pas de traumatiser l’enfant et de le lancer « dans la gueule du loup » d’un coup, mais de l’accompagner à faire face à la situation. Il est très instinctif de vouloir protéger son enfant et de le retirer de sa source de stress. Mais, le message qui lui est envoyé est négatif : « Je te retire ou j’accepte que tu te retires puisqu’il y avait réellement un danger. » Si votre enfant demande à retourner à la maison avec vous, ou même s’il fait une crise en vous suppliant de ne pas l’abandonner à l’école, ne succombez pas. Accueillez et normalisez son émotion et redirigez-le rapidement vers son enseignant ou son éducateur. Pour parvenir à s’apaiser à l’école, votre enfant doit apprendre à faire confiance à son enseignant et, surtout, avoir la certitude que VOUS lui faites confiance.


Aider l’enfant à s’apaiser quotidiennement. Plusieurs actions simples, réalisées chaque jour, ont un impact positif et significatif sur l’enfant et améliorent grandement sa gestion des émotions :

  • Passer du temps de qualité avec son enfant, à travers le jeu et le plaisir. Il est important de prendre le temps de s’arrêter, un petit 15 minutes par jour, pour être dans la relation avec son enfant plutôt que dans la tâche. Nous leur donnons des consignes, nous intervenons sur leur comportement, nous entretenons des attentes envers eux, etc. Il est important d’investir la relation autrement, à travers le plaisir. Il est important de s’intéresser à eux, à ce qu’ils ressentent, à ce qu’ils vivent. Il est primordial que l’enfant se sente aimé, inconditionnellement, pour ce qu’il est, et non pour ce qu’il fait.
  • Favoriser les activités qui bougent (vélo, parc, course, piscine). Les exercices permettent d’évacuer le stress accumulé durant la journée et favorisent la sécrétion de la mélatonine (hormone du sommeil). L’enfant sera davantage en mesure de gérer ses émotions après avoir bougé, sera plus détendu en soirée et s’endormira plus aisément.
  • Passer du temps à l’extérieur de la maison et miser sur le plein air. L’enfant a besoin de bouger, de grimper, de courir, de sauter. Lorsqu’il traverse une période plus stressante, leur niveau d’énergie peut grandir. Dans la maison, cela peut être source de conflits et de tensions. Le fait de sortir de la maison, dans la cour arrière ou encore au parc, permettra à l’enfant de dépenser son énergie dans un environnement où cela est adéquat de le faire.

Alléger votre routine. Nous menons des vies de fou et les enfants aussi. Nos horaires sont surchargés. Nous sommes habitués et nous habituons nos enfants à fonctionner dans un monde qui roule vite et où les contraintes de temps sont constantes. Selon une étude (HÉBERT, 2016), les enfants entendraient en moyenne 150x par jour (école, service de garde et maison) des consignes reliées à la pression du temps telle que : « Dépêche-toi », « On va être en retard », « Il est temps de terminer », « On prend place rapidement ». Nos cerveaux sont constamment stimulés. Par moment, permettez à vos enfants (et à vous-mêmes) de ne « rien faire » en fin de journée ou durant la fin de semaine. Ne surchargez pas vos fins de semaine d’activités de toutes sortes.


Favoriser une bonne hygiène de sommeil. Maintenir une bonne routine de sommeil est primordial afin que les enfants soient disponibles mentalement et physiquement, autant à l’école qu’à la maison. Il est alors suggéré de favoriser des activités qui bougent au retour de l’école (pour libérer leur énergie et canaliser leur stress) et d’opter pour des activités calmes après le souper. Il est fortement recommandé de diminuer le plus possible l’exposition aux écrans en soirée et de ne plus y être exposé du tout minimalement une heure ou deux avant la mise au lit. Un rideau de chambre opaque permettra de couper la luminosité (le soleil se couche encore un peu tard à ce temps-ci de l’année) et de favoriser l’endormissement.


Rappelez-vous que votre enfant n’est pas une note au bulletin. Il est important de souligner leurs progrès, leurs efforts et leur accomplissement réalisés tout au long de l’année. Éviter de mettre l’accent sur les résultats scolaires, puisqu’ils ne définissent pas votre enfant. Les résultats s’inscrivent seulement dans son parcours, qui en est d’ailleurs qu’à son commencement.


Références :

  • HÉBERT, A. Anxiété : La boîte à outils, Ottawa, Édition de la Mortagne, 2016, 175 p.
  • LUPIEN, Sonia. 2010. Par amour du stress. Montréal : Éditions au Carré, 274 p.

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Enfance, mélatonine et sommeil – Aider son enfant à trouver le sommeil durant les soirs d’été


Enfance, mélatonine et sommeil

Aider son enfant à trouver le sommeil durant les soirs d’été

Par Caroline Quarré, intervenante psychosociale (B.Sc.), conférencière et propriétaire de Service psychosocial Pas-à-Pas


Est-ce difficile de mettre vos enfants au lit ? Est-ce pire durant la saison estivale alors que le soleil est encore présent en fin de soirée ? Ils négocient l’heure de la mise au lit ou tardent à s’endormir ?


Mettre les enfants au lit est parfois déjà tout un défi pour les parents. Lorsque les périodes de luminosité se prolongent durant les soirs d’été, cela complexifie la tâche. Certains enfants ont l’impression que « ce n’est pas la nuit » et négocient l’heure de la mise au lit. D’autres présentent des signes de fatigue plus tard qu’à l’habitude, due à l’exposition à la lumière du jour ou aux activités stimulantes auxquelles ils s’adonnent en soirée. Peu importe les raisons qui retardent l’endormissement de votre enfant, voici quelques astuces qui favoriseront une sécrétion naturelle et efficace de la mélatonine (hormone de l’endormissement).


QU’EST-CE QUE LA MÉLATONINE ?


La mélatonine est l’hormone responsable de l’endormissement. Elle est normalement sécrétée par une glande dans le cerveau (épiphyse ou glande pinéale). Cette hormone est sécrétée dès le soir, lorsque la luminosité diminue. Elle indique à notre corps que c’est l’heure de s’endormir. Elle se poursuit dans la nuit et diminue progressivement jusqu’au matin, nous aidant à maintenir une bonne qualité de sommeil.


COMMENT FAVORISER LA SÉCRÉTION NATURELLE DE LA MÉLATONINE ?


Diminuer l’exposition à la lumière bleue 2H avant la mise au lit

Plusieurs études ont démontré jusqu’ici que la lumière bleue libérée par les écrans et les éclairages DEL inhibe (nuit) la production de la mélatonine. Les écrans incluent : télévision, cellulaire, tablette et ordinateur. Ainsi, il est conseillé de cesser l’exposition aux écrans 2 heures avant la mise au lit. De plus, il est fortement conseillé d’opter pour une ampoule jaune dans les chambres à coucher, plutôt qu’une ampoule DEL.


Limiter les sources de stimulation dans la maison

Pour indiquer au corps qu’il est l’heure de se reposer, le cerveau a besoin d’un environnement calme et apaisant. Donc, lorsque la routine de dodo est enclenchée (jeu calme, bain, préparation à la mise au lit, lecture dans le lit et dodo), limitez les stimulations dans la maison. Lorsque les chaudrons font un vacarme dans la cuisine, que la maison est envahie de lumières, qu’on entend les voisins jouer dans la piscine par la fenêtre, que tout le monde parle super fort dans la maison et que la télévision joue dans le salon, cela n’est pas apaisant. Cela n’amène pas les enfants à se relaxer ni s’apaiser. Fermez alors les écrans et la radio, fermer les fenêtres (si la température le permet) baissez les stores ou fermer les rideaux pour limiter la luminosité extérieure, tamisez les lumières et faites des activités calmes.


Assombrir la chambre au maximum

Comme mentionné ci-haut, évitez les ampoules DEL dans la chambre à coucher. De plus, choisissez de préférence une veilleuse à faible intensité. Une veilleuse trop forte peut nuire à la sécrétion de la mélatonine. Puis, choisissez des rideaux « coupe lumière » ou des toiles solaires pour aider à assombrir la chambre au maximum.


Maintenir un horaire de sommeil régulier

Bien que ce soit difficile l’été de maintenir un horaire de sommeil régulier, le cerveau aime la régularité. En se couchant et se levant tous les jours sensiblement à la même heure, le cerveau régulera la sécrétion de la mélatonine. Ainsi, deux heures approximativement avant l’heure du coucher habituel, la libération de la mélatonine débutera automatiquement et favorisera l’endormissement au moment venu.


Éviter les siestes d’après-midi

Évidemment, durant la période la petite enfance, les enfants ont besoin de faire des siestes et il est nécessaire de leur en permettre afin de favoriser leur bon développement. Chez les enfants un peu plus vieux, les siestes peuvent toutefois retarder la sécrétion de la mélatonine en soirée et ainsi retarder l’endormissement. En après-midi, optez plutôt pour une détente (s’étendre sur le fauteuil, lire un livre dans une pièce tranquille, écouter de la musique dans des écouteurs) ou pour un jeu calme. Cela permettra à l’enfant de se reposer et de reprendre un peu d’énergie. Somme toute, vous êtes la meilleure personne pour juger de la nécessité ou non de la sieste chez votre enfant.


LA MÉLATONINE EN COMPRIMÉ, BON OU MAUVAIS ?


Bien que la mélatonine soit disponible en comprimé sur les tablettes de la pharmacie et qu’elle soit dite « sécuritaire », il est fortement recommandé de discuter avec votre pédiatre ou avec votre pharmacien AVANT d’en donner à votre enfant. Plusieurs éléments sont à prendre en considération :

  • Le corps a la capacité de sécréter naturellement de la mélatonine ;
  • Les problèmes et les difficultés de sommeil ne sont PAS tous liés au cycle circadien ou à la mélatonine. Dans la plupart des cas, un ajustement dans la routine de soirée et l’adaptation de l’environnement suffisent à améliorer aider les enfants à trouver le sommeil plus rapidement et à avoir une sommeil récupérateur ;
  • Bien que la mélatonine en comprimé puisse aider à induire le sommeil, elle ne traite PAS les troubles du sommeil et ne garantit pas un sommeil profond ;
  • Lorsqu’un professionnel juge favorable l’administration de la mélatonine à un enfant, plusieurs informations sont nécessaires afin de déterminer la dose requise : âge, poids, condition de santé, nature du problème de sommeil, autre ;
  • En période de puberté, les hormones du corps vivent une perturbation et plusieurs changements. Il est fortement recommandé de parler avec un professionnel de la santé AVANT de prendre des hormones en comprimé, afin d’éviter les effets néfastes sur le développement pubertaire.

AUTRES PISTES DE SOLUTIONS


De nombreuses difficultés de sommeil chez l’enfant n’ont rien à voir avec la sécrétion de la mélatonine ou le dérèglement du cycle circadien. En favorisant un environnement calme et en ajoutant quelques petites stratégies à la routine de fin de soirée, les parents constatent une nette amélioration dans la collaboration de l’enfant à la mise au lit, dans son endormissement et dans la qualité de son sommeil. En voici quelques-unes :

  • Passer un moment de qualité avec son enfant avant la mise au lit ;
  • Opter pour des activités calmes en soirée (casse-tête, dessin, Lego, pâte à modeler …) ;
  • Avoir une routine de soirée stable et connue de l’enfant (peut être appuyé d’un soutien visuel pour aider l’enfant à suivre sa routine et développer son autonomie) ;
  • Être attentif aux signes de fatigue de l’enfant et s’appuyer dessus pour identifier le bon moment pour aller se mettre sous la couette ;
  • Limiter l’usage du lit au sommeil (le lit n’est pas un air de jeu) ;
  • Limiter le sucre autant que possible et les aliments stimulants ;
  • Offrir une collation à l’enfant en soirée pour éviter la faim lors de la mise au lit ;
  • Dormir nu ou en sous-vêtement pour aider le corps à réguler sa température et à supporter les chaleurs d’été ;
  • Ajuster (si possible) la température ambiante de chambre. Une température de 18-19 degrés Celsius serait optimale pour bien dormir.

En espérant que ces quelques conseils vous permettront de faciliter la mise au lit de vos enfants et les aideront à dormir plus aisément. Bon repos !

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L’autobus scolaire et le stress – 4 conseils pour faciliter cette nouvelle étape

L’autobus scolaire et le stress : 4 conseils pour faciliter cette nouvelle étape

Par Caroline Quarré, intervenante psychosociale (B.Sc.), conférencière et propriétaire de Service psychosocial Pas-à-Pas


Est-ce que votre enfant fera son entrée à la maternelle à la fin du mois d’août ? Devra-t-il prendre l’autobus scolaire ?

Cette nouvelle étape de vie de l’enfant peut occasionner son lot de stress. Une bonne préparation peut de loin assurer une entrée à l’école dans le calme et le plaisir.

En début d’année scolaire, plusieurs enfants présentent des signes et symptômes de stress tels que des maux de ventre, des maux de cœur, de l’agitation, des comportements d’opposition et de confrontation, des crises de larmes ou autres.

Les parents se sentent impuissants et s’inquiètent. Ils souhaitent aider leur enfant, mais ne savent pas toujours de quelle façon s’y prendre. C’est pourquoi je reçois énormément de demandes de consultation au mois de septembre. Nombreuses d’entre-elles ont rapport à l’autobus scolaire.

Voici donc quelques astuces pour préparer votre enfant à prendre l’autobus scolaire.


AVANT LE DÉBUT DES CLASSES :

Familiariser votre enfant avec ce moyen de transport (Nouveauté)

Pour limiter l’effet de nouveauté au moment venu, familiarisez votre enfant avec l’autobus scolaire : montrez-lui des photos, faites-lui faire un tour d’autobus aux champs de fraises ou de framboises, dessinez avec lui un autobus avec des enfants à l’intérieur, affichez la photo ou le dessin de l’autobus sur le frigo, regardez des vidéos amusantes qui incluent un autobus scolaire, etc. Bref, parlez de ce moyen de transport qu’il prendra pour les prochaines années.

En plus de le familiariser avec l’autobus comme tel, rendez-vous à quelques reprises à son futur arrêt d’autobus. Amusez-vous à lui faire découvrir le chemin pour s’y rendre et à faire semblant d’attendre l’autobus avec lui.


Diminuer le plus possible l’imprévisibilité face à la prise d’autobus


Discutez avec votre enfant du déroulement de la prise de l’autobus : l’heure d’arrivée, le nom des voisins qui seront avec lui à l’arrêt, les noms des enfants que vous connaissez qui seront dans cet autobus.

Expliquez-lui (plus d’une fois!) les règles de conduite à adopter : attendre que l’autobus s’immobilise avant d’avancer vers lui, entrer dans l’autobus un enfant derrière l’autre, saluer son chauffeur, s’assoir rapidement dans un banc, rester assis tout le long du trajet, parler doucement, etc.

Si possible, identifiez un enfant avec lequel il pourra s’assoir dans l’autobus.

Vous pourriez demander à un enfant plus vieux sur la rue d’agir comme « accompagnateur » durant la première semaine, si cela rassure votre enfant.

Cela est sécurisant, en plus de valoriser et de responsabiliser le plus grand.


LE JOUR J

Présentez-vous au chauffeur d’autobus

Cela peut sembler bien simple comme conseil, mais le fait de vous présenter au chauffeur d’autobus est très important.

D’une part, cela permet à l’enfant d’être présenté à son chauffeur de façon rassurante par son parent.

Puis, cela est rassurant de savoir que son parent a confiance en l’adulte qui le conduira à l’école tous les jours.


Évitez de mettre de la pression sur votre enfant

La prise d’autobus est souvent excitante et même émouvante pour le parent qui prend plaisir à voir son enfant partir à l’école.

Toutefois, cette étape peut s’avérer stressante pour l’enfant. Il est donc important de ne pas lui mettre de la pression.

Surtout :

  • Évitez les fausses promesses : « Ne t’inquiète pas. Ça va très bien aller et tu vas adorer ça. » Cela n’est pas le cas pour tous les enfants.
  • Évitez de lui demander que tout se passe bien : « Tu vas être capable de faire ça comme un grand, n’est-ce pas? » Bien que l’enfant vous le promette, cela ne lui assurera pas un meilleur sentiment au moment venu. Puis, cela pourrait avoir un effet pervers et lui indiquer qu’il agit « en bébé » ou qu’il vous déçoit s’il a de la difficulté à gérer ses émotions alors que cela est tout à fait normal à cet âge.

Il est possible que l’enfant soit craintif et ne prenne pas immédiatement plaisir à prendre l’autobus.

Accueillez plutôt son émotion et aidez-le à la gérer. Normalisez ce qu’il ressent et soyez présent pour lui.


Pour plus de conseils sur le sujet, je vous invite à visionner ma capsule vidéo sur le sujet : https://pasapas.wpengine.com/capsules-video/la-prise-dautobus-en-debut-dannee-scolaire/

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Bonne rentrée scolaire !

La gestion des écrans durant l’été : 4 astuces pour y arriver

La gestion des écrans durant l’été : 4 astuces pour y arriver

Par Caroline Quarré, intervenante psychosociale (B.Sc.), conférencière et propriétaire de Service psychosocial Pas-à-Pas


« Encore cinq minutes et tu fermes ton Play Station ! Ça fait déjà une heure que tu joues à ça. »

« Cela fait trois fois que je te demande d’éteindre ton ordinateur. Je vais l’éteindre si tu ne le fais pas. »

« Il fait beau aujourd’hui. Pas de jeu d’écran cette après-midi. Va jouer dehors. »

« C’est plate, je n’ai rien à faire. Je veux la tablette. »

« Yééé, il pleut! Je peux donc jouer à l’ordinateur. »


Vous avez déjà entendu ces phrases dans votre maison ? C’est le cas pour plusieurs familles !!!

Les enfants sont en vacances depuis quelques semaines déjà. Les demandes pour utiliser leur(s) appareil(s) électronique(s) explosent, surtout lorsque les enfants ne sont pas en activité. Pour la plupart des familles, les règles concernant leur utilisation sont plus flexibles durant la saison estivale : plus de temps d’utilisation en cas de pluie, délai prolongé en matinée et en soirée, utilisation permise après une période de jeux dehors, outils de « détente » de fin d’après-midi, permission spéciale lorsque les parents reçoivent des amis à souper, etc. Cette gestion peut cependant devenir complexe, voire conflictuelle.


Pourquoi les enfants aiment-ils autant les écrans ?


Il faut d’abord se rappeler que les enfants vivent dans le moment présent et ont pour objectif premier de s’amuser. Se couper d’un plaisir est un processus complexe et difficile pour eux, menant parfois à des comportements inadéquats. Lorsqu’ils sont sur un appareil électronique et qu’ils en retirent du plaisir, cela peut devenir difficile de le fermer et d’avoir à se chercher une autre activité. Certains ne savent pas quoi faire et ont l’impression qu’ils vont s’ennuyer. Ils ne veulent donc pas en démordre et sont prêts à s’opposer, négocier et argumenter pour étirer la période d’utilisation. D’où l’importance de leur apprendre à tirer du plaisir dans d’autres activités et de développer leur créativité et leur imagination dans le jeu. (Voir les conseils plus bas)

Ensuite, en période scolaire, et parfois même durant l’été, les enfants sont habitués aux horaires bien organisés. Au fil du temps, cela a pour conséquence de leur créer un inconfort lors des moments d’ennui ou lorsque rien n’est planifié. Cet inconfort peut se traduire en une forme d’angoisse. Ils demandent alors l’attention de l’adulte : « Je n’ai rien à faire, c’est plate! », « Je ne sais pas quoi faire! » ou encore « Je veux aller quelque part! ». Cela n’est évidemment pas toujours possible, et même si cela l’était, le parent n’a pas à entretenir constamment son enfant comme un G.O. Les appareils électroniques deviennent alors une solution fort intéressante pour eux. Ils ont pour effet de « geler » l’angoisse et de combler rapidement le vide. Toutefois, ce sentiment revient aussitôt que l’appareil s’éteint. Ceci pourrait d’ailleurs contribuer à développer une forme de dépendance.

De plus, les appareils électroniques sont également vraiment TRÈS stimulants. Leur attention est mobilisée par des effets sonores, des jeux de lumière, des images captivantes, des couleurs flamboyantes et autres. Rien dans la vie réelle n’équivaut à ce niveau de stimulation. Il est alors compréhensible que l’enfant en devienne « accro » et en redemande. Il est alors d’autant plus important de limiter son utilisation, puisque l’enfant ne le fera pas de lui-même.

L’idée n’est pas ici de bannir les appareils électroniques de vos maisons. Ils sont intéressants pour plusieurs choses (développer des connaissances, faire des recherches, se divertir, consulter de la musique, développer sa créativité et de nouvelles compétences, autres) et nous facilitent la vie à certaines occasions (il faut être honnête quand même!). Voici donc quelques conseils pour vous aider à gérer les écrans dans vos maisons durant l’été.


1. Diminuer la tentation


Qui n’a pas envie de manger une part de gâteau lorsqu’elle se trouve directement sous son nez ? Pas moi! Sortiriez-vous le dessert sur la table de cuisine en même temps que vous servez le repas à vos enfants ? JAMAIS. Dans les deux situations, la tentation est trop forte! Cela est le même principe pour les jeux vidéo ou les appareils électroniques. Plus ils sont accessibles, disponibles et visibles, plus cela devient tentant pour les enfants (et les adultes!) de les utiliser. Vous pouvez alors simplement ranger les appareils (iPhone, iPad, tablette, portable) à un endroit où l’enfant n’a pas rapidement et facilement accès (haut d’une armoire, mallette de travail, bureau de travail, autres). Les consoles de jeux (Play Station et compagnie) peuvent aussi être débranchées et rangées après leur utilisation. D’ailleurs, il est beaucoup moins complexe d’aider l’enfant à se trouver une autre activité lorsqu’il n’a pas l’appareil déjà dans les mains en vous suppliant de le laisser y jouer.


2. Imposer une limite de temps quotidienne « de base »


Tout d’abord, le parent peut déterminer une limite de temps quotidienne pour l’utilisation des appareils électroniques (ordinateur, tablette, iPad, iPhone …). Cette limite de temps peut être influencée par différents facteurs : âge de l’enfant, réactivité de l’enfant devant les écrans ou après une période d’utilisation, nature de ses activités quotidiennes, temps passé à jouer dehors, temps passé en interaction avec d’autres personnes (amis ou famille), etc.

Une fois cette limite de temps déterminée, le parent doit la partager CLAIREMENT avec son enfant. Ils peuvent décider ensemble de la façon dont cette limite de temps sera gérée chaque jour. Par exemple, si la limite quotidienne est fixée à 60 minutes, l’enfant pourrait avoir l’occasion de la découper en plusieurs petites périodes : deux périodes de 20 minutes et deux périodes de 10 minutes. D’autres petites règles pourraient s’ajouter. Par exemple, lorsqu’une période est utilisée, elle ne peut plus l’être à nouveau avant le lendemain. Ou encore, si la période de 60 minutes n’est pas utilisée pleinement au cours d’une même journée, elle ne pourra pas être utilisée une autre journée.

Finalement, dotez-vous d’une minuterie visuelle pour gérer ce temps. Les minuteries permettent aux enfants de mieux se représenter le temps et de développer leur autonomie dans la gestion du temps. De plus, ils ont pour effet de diminuer l’argumentation entre le parent et l’enfant lorsque la période est écoulée : ce n’est pas le parent qui annonce la fin de la période d’utilisation, mais la minuterie.

Bien sûr, il peut y avoir des exceptions. Le temps de pluie, les visites chez mamie ou encore les soirées à la maison entre adultes ou autres peuvent devenir des moments où les parents ont envie d’étendre la période d’utilisation des appareils électroniques. Et cela est bien correct. L’idée est simplement que tout ne devienne pas une exception puisque l’enfant saura vous le rappeler : « Mon ami est venu jouer à la maison aujourd’hui. Est-ce que je peux jouer plus longtemps sur ma tablette ? Mais, juste pour aujourd’hui. » Vous avez également le droit de ne PAS permettre d’exception. L’enfant se verra alors forcé de se trouver des activités durant les temps de pluie ou lors des visites chez mamie. Il pourra ainsi développer sa créativité et son imaginaire, choses si importantes! Il est alors de votre responsabilité d’assumer votre décision de parent : vous êtes le parent, vous savez ce qui est le mieux pour votre enfant. Et parfois, le mieux pour notre enfant est décevant pour lui.

La clé du succès pour ce premier conseil : la constance. Lorsque la période de temps limite est atteinte, c’est terminé !


3. Créer une banque d’activités avec l’enfant pour les temps de pluie ou d’ennui


Afin que l’enfant soit en mesure de s’occuper par lui-même plutôt que sur un appareil électronique durant les temps de pluie ou lorsqu’il n’est simplement pas possible de sortir jouer dehors, créer avec lui une banque d’activités. Premièrement, vous pourriez recenser AVEC LUI quelques activités QU’IL TROUVE intéressantes : bricolage, casse-tête, Lego, dessin, pâte à modeler, lecture, fabrication de marionnette, inviter un ami, autre. Ensuite, vous pourriez trouver des images ou pictogrammes qui représentent ces activités. Finalement, vous les collez sur un carton. Lorsque l’enfant s’ennuiera, vous pourrez le rediriger vers cette banque d’idées. Cela vous évitera alors de faire des pieds et des mains chaque fois pour lui trouver une activité avec laquelle s’occuper.

Vous le redirigez vers sa banque d’idées et il vous mentionne que rien ne lui tente et que tout est « plate » ? Invitez-le à aller se reposer ou à profiter de ce moment où rien n’est planifié. Rappelez-lui que cela est une chance d’avoir des moments comme ça. Il finira par se trouver quelque chose à faire, n’ayez crainte. Il ne restera pas 75 minutes de temps à regarder les mouches voler. Rappelez-vous simplement que plus vous faites d’effort pour lui trouver une activité, moins il en fera lui-même. L’humain est ainsi !


4. Gérer les moments d’ennui : permettre à l’enfant de développer son imagination et sa créativité


Les moments d’ennui sont bons pour les enfants. Ces moments les poussent à développer leur créativité, à s’activer, à user de leur imagination et à développer leur autonomie.  Ils sont obligés de chercher une activité pour sortir de l’inconfort créé par l’ennui. Lors de ces moments, vous pouvez bien sûr aider votre enfant à gérer les émotions que cela engendre :

  • Valider l’émotion, par exemple : « Je vois que tu t’ennuies», « Quand tu demandes mon attention à plusieurs reprises, je crois que c’est parce que tu trouves le temps long et que tu n’aimes pas être seul. Je me trompe? » ou « Tu es déçu que je ne puisse pas jouer avec toi en ce moment, n’est-ce pas? » ;
  • Aider l’enfant à la nommer son émotion, par exemple : « J’ai l’impression que tu ne te sens pas bien. Est-ce que je me trompe? »
  • Normaliser les émotions, par exemple : « C’est normal de trouver le temps long lorsqu’on ne fait rien. Moi aussi à ton âge je m’ennuyais par moment lorsque je ne savais pas quoi faire.» ou « C’est normal que tu sois déçu que je ne puisse pas jouer avec toi. Tu trouves le temps long, tu ne sais pas quoi faire et tu comptais sur moi pour te désennuyer. »

Toutefois, laissez alors votre enfant user de sa créativité pour trouver une activité : « Je comprends que ce soit long quand tu ne fais aucune activité. Je suis certain que tu arriveras à te trouver quelque chose à faire en usant de ton imagination. » Évitez de lui proposer plusieurs choses à faire, comme si la responsabilité de lui trouver une activité vous revenait. D’ailleurs, bien souvent, les enfants les repoussent du revers de la main puisqu’ils souhaitent que leurs parents participent activement à l’activité ou qu’ils sortent de la maison avec eux, ce qui n’est pas toujours possible. En laissant votre enfant gérer régulièrement ses moments d’ennui, il apprendra à s’occuper et à jouer davantage seul et il trouva au fil du temps des activités par lui-même.

En espérant que ces quelques conseils vous permettront de gérer les écrans plus facilement dans votre maison. Rappelez-vous que chacune des interventions que vous faites sera bénéfique DEMAIN. Courage!


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Maman, papa, cet été, tu n’es pas un G.O.

Maman, papa, cet été, tu n’es pas un G.O.

Un été sans stress pour toute la famille

Par Caroline Quarré, intervenante psychosociale (B.Sc.), conférencière et propriétaire de Service psychosocial Pas-à-Pas


Les enfants ont officiellement terminé l’école. Youpi! Ceux-ci se réjouissent et ont hâte d’entamer les vacances d’été. Ils ont probablement plein d’idées et de projets en tête pour l’été. Pour plusieurs parents, par contre, le début des vacances amène certaines appréhensions, voire même une certaine fatigue. Alors, comment survivre aux vacances d’été dans le plaisir et le repos ?


Laisser l’enfance à l’enfance : lâcher l’agenda de ministre


Tout au long de l’année scolaire, les enfants ont un horaire organisé et chargé comme un adulte. En semaine, tout est organisé au quart de tour le matin pour qu’ils se rendent à l’école à l’heure. À l’école, une routine fixe et structurée accompagne les enfants. En soirée, les parents font leur possible pour préparer le souper, faire faire les devoirs, gérer le bain, le temps de jeu et la mise au lit en un temps record. La fin de semaine, certains enfants participent à des activités (karaté, patin, piano, peinture …). À cela s’ajoutent les fêtes d’amis, les visites chez mamie, les brunchs du dimanche, les sorties au chalet, les activités familiales, etc. Il y a de quoi être essoufflé, autant pour le parent que pour l’enfant !

L’été est alors le moment parfait pour ne RIEN planifier : vivre et laisser vivre ! Les parents ressentent souvent le devoir ou l’obligation de planifier des activités pour leur enfant afin qu’il s’épanouisse et se développe. FAUX. Pour s’épanouir et se développer, l’enfant a besoin d’être traité comme un enfant :

  • Reconnaître son besoin réel de bouger, de sauter, de courir, de grimper et de manipuler les objets ;
  • Accepter que son but premier est de s’AMUSER et que chacune de ses actions tournent autour de ce but ;
  • Lui donner le droit à l’erreur et reconnaître qu’il est en apprentissage sur tous les plans ;
  • L’accompagner de façon positive et bienveillante dans la gestion de ses émotions et de ses comportements.

Opter pour des activités gratuites


Lorsque les parents organisent des activités, ils ont parfois des attentes envers leur enfant : que celui-ci ait du plaisir, qu’il participe, qu’il soit agréable et poli et qu’il soit reconnaissant. Dans la vraie vie, cela n’arrive pas toujours. Les enfants ont chaud, ils trouvent la journée longue, la fatigue les rend irritables et impatients, l’excitation engendre des comportements inadéquats, ils gèrent difficilement les moments d’attente, etc. Tout ceci peut amener de la déception et voire même de la colère chez le parent. D’autant plus si l’activité a coûté une certaine somme d’argent.

En optant pour des activités simples et gratuites, la déception sera probablement plus petite puisque vous aurez moins l’impression d’avoir « gaspillé » votre journée et votre argent. Voici quelques activités agréables à faire en famille, sans débourser un seul dollar : parc, jeux d’eau dans certains parcs, visiter un nouveau parc d’une ville avoisinante, pique-nique sur le bord de l’eau, randonnée en forêt, visite à la bibliothèque, activités organisées par la ville (par exemple : ciné-parc en plein air, lecture de contes à la bibliothèque, autres), piscine publique (même si vous avez vous-même une piscine), vélo en famille dans les belles pistes cyclables disponibles à grandeur du Québec, autres. En optant pour des activités gratuites et accessibles, vous pourrez vous adonner à un nombre plus grand d’activités durant l’été si vous le souhaitez. Les enfants auront de bons souvenirs à raconter à leurs camarades au retour des classes.


Alterner les journées de « garde » avec les parents des petits amis


Les enfants aiment retrouver leurs amis durant l’été, que ce soit des amis sur la rue, des amis de l’école ou encore leurs cousins et cousines. Pendant qu’ils s’amusent avec eux dans la cour arrière ou dans le sous-sol, vous ne gérez pas de chicane (sinon que peu, tout dépendant l’âge des enfants!), vous n’êtes pas tenus d’organiser des jeux pour les amuser et vous assurez un moment de plaisir à votre enfant. Si vous connaissez bien les parents des petits amis de votre enfant, vous pouvez échanger avec eux des journées de « garde ». Par exemple, le lundi, vous accueillez l’ami à la maison et le jeudi, cet ami accueille votre enfant. Cela vous donne respectivement un peu de temps pour vous et deux activités gratuites sont alors organisées dans la même semaine. Une pierre deux coups!


Laissez les enfants gérer les moments d’ennui, c’est bon pour eux!


Tel que mentionné plus haut, les enfants sont habitués aux horaires bien organisés. Cela a pour conséquence au fil du temps de créer chez eux un inconfort lors des moments d’ennui, lors des moments où rien n’est planifié. Cet inconfort peut même se traduire en une forme d’angoisse chez certains enfants. Ils demandent alors l’attention de l’adulte, de façon parfois maladroite. Bref, ils demandent régulièrement aux adultes de combler ce vide : « Je n’ai rien à faire, c’est plate! », « Je ne sais pas quoi faire! » ou encore « Je veux aller quelque part! ». SVP, ne comblez pas ces moments par une utilisation des appareils électroniques (tablette, téléphone, ordinateur, télévision, etc.). Cela « gèle » l’angoisse et comble le vide qui revient aussi rapidement lorsque l’appareil s’éteint. Ceci pourrait d’ailleurs contribuer à développer une forme de dépendance à ces appareils. Laissez alors votre enfant user de sa créativité pour trouver une activité : « Je comprends que ce soit long quand tu ne fais aucune activité. Je suis certain que tu arriveras à te trouver quelque chose à faire en usant de ton imagination. » Évitez également de lui proposer plusieurs choses à faire, comme si la responsabilité de lui trouver une activité vous revenait. D’ailleurs, bien souvent, les enfants les repoussent du revers de la main puisqu’ils souhaitent que leurs parents participent activement à l’activité ou qu’ils sortent de la maison avec eux, ce qui n’est pas toujours possible. En laissant votre enfant gérer régulièrement ses moments d’ennui, il apprendra à s’occuper et à jouer davantage seul et il trouva au fil du temps des activités par lui-même. Rappelez-vous que chacune des interventions que vous faites sera bénéfique DEMAIN. Courage!


Cesser de vous comparer sur les médias sociaux


Les médias sociaux et les milliers de photos de familles parfaites en activités parfaites ont ce merveilleux don d’alimenter notre anxiété de performance de parents. Je fréquente moi-même des lieux familiaux et j’ai autour de moi plusieurs amis-parents. Je réalise combien de nombreuses photos partagées sur les médias sociaux ne représentent pas dutout la vie réelle. Toute une mise en scène tourne autour d’un seul partage. Le parent demande à son enfant de cesser de jouer, de se mettre un beau sourire au visage, d’avoir « l’air heureux », de se prendre toute la famille dans les bras alors que c’était la guerre une minute avant, etc. Entre les 9-10 tentatives de prises de photo, l’enfant se plaint, n’écoute pas les consignes du parent-photographe et ne veut que retourner à ses occupations. Le parent, lui, perd patience ou négocie avec l’enfant pour enfin réussir sa prise de photo. Une fois la « bonne » photo prise, il la partage sur les médias sociaux avec une belle mention « Activité en famille : plaisir et amour au rendez-vous! ». Cette photo est-elle représentative ? NON, c’est de la frime! Combien de photos comme celles-ci circulent sur Instagram, Facebook, Snapchat et autres ? Plusieurs, trop même! Alors, SVP, ne vous comparez pas ! Laissez vos appareils électroniques de côté et amusez-vous avec vos enfants.

En espérant que ces quelques conseils, aussi simples mais bénéfiques soient-ils, vous aideront à profiter de votre été dans le calme et le plaisir. Rappelons-nous régulièrement que les enfants ne sont pas de petits adultes. Il est alors important de les laisser vivre une vie d’enfant : jeu, plaisir et temps de qualité avec leurs parents et amis. Bon début de congé à tous!


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Préparer la fin des classes avec son enfant

Préparer la fin des classes avec son enfant

Par Caroline Quarré, intervenante psychosociale (B.Sc.), conférencière et propriétaire de Service psychosocial Pas-à-Pas


La fin de l’année scolaire est éprouvante pour beaucoup d’enfants et de parents. L’arrivée des évaluations et le changement de routine du mois de juin peuvent entraîner des inquiétudes de part et d’autre et parfois même des difficultés, autant à l’école qu’à la maison. Les parents ne savent pas toujours de quelle façon accompagner leur enfant de façon optimale dans leur préparation aux évaluations et dans leur transition vers la fin des classes.


POUR BIEN ACCOMPAGNER SON ENFANT EN FIN D’ANNÉE SCOLAIRE, NE PAS OUBLIER QUE :


L’école est un lieu de stabilité pour l’enfant. Une grande majorité d’enfants y passent davantage de temps qu’à la maison, calculant le temps passé au service de garde et en classe. L’école offre un horaire fixe, une routine stable et, surtout, des relations significatives entre l’enfant et les membres de l’équipe-école (enseignant(e), éducateur(trice) au service de garde, éducateur(trice) spécialisé, orthopédagogue, autre). L’idée de quitter ce milieu de vie pour l’été peut engendrer une réactivité chez l’enfant.

La fin des classes entraîne un changement de routine important. Dès le début du mois de juin, la routine hebdomadaire se voit modifiée par l’arrivée des nombreuses périodes d’évaluation, la fin des activités d’apprentissage dirigées, l’augmentation des activités privilèges, la fin des devoirs, autres. La nouveauté et l’imprévisibilité sont deux causes importantes de stress pour tout individu, donc encore plus pour des enfants qui disposent de peu de stratégies d’adaptation et d’un cerveau en plein développement.

Nombreux enfants ont des appréhensions face à la fin des classes. L’idée de se séparer de l’enseignant(e) et de leurs camarades de classe peut être vécue difficilement pour plusieurs. Ainsi, déjà quelques semaines avant la fin des classes, certains enfants sont plus réactifs.

Nombreux enfants entretiennent des inquiétudes face à l’été. Il est attendu que leur routine changera et que cela engendrera de la nouveauté et de l’imprévisibilité, du moins durant les premières journées ou semaines de l’été. Ils passeront l’été au camp de jour, à la maison ou auprès d’une personne de confiance. Plusieurs enfants craignent de s’ennuyer de leurs amis, de ne pas les voir assez souvent ou même que cette distance brime leur amitié.

Nombreux enfants entretiennent des inquiétudes face à l’année scolaire suivante. Ils se demandent qui sera leur enseignant(e), si leurs amis seront encore une fois dans la même classe qu’eux, s’ils vivront des succès, etc. Les incertitudes s’accumulent et l’anticipation est présente.

Le mois de juin amène un niveau d’excitation élevé. À l’école, la modification à la routine engendre de l’excitation. À la maison, les routines de soirée se modifient graduellement entre autres avec la fin de la période de devoirs, la prolongation des heures de clarté et la reprise des activités sportives d’été.

Le mois de juin est propice à la diminution des heures de sommeil. Puisque le soleil se couche plus tard, il devient de plus en plus difficile de mettre les enfants au lit. L’heure du souper est parfois retardée. Les activités de fin de soirée sont également sujettes à s’étirer plus tard qu’à l’habitude : piscine, vélo, marche, parc. S’ils sont inscrits à des activités sportives (soccer, karaté, etc.), la routine de fin de soirée est assurément modifiée. Malgré tout, le sommeil est primordial au bon fonctionnement de l’enfant. Bien que les apprentissages soient complétés à l’école, être un élève demande à la base un grand niveau d’énergie pour supporter les nombreuses stimulations et le bruit environnant, être attentif aux nombreuses consignes (même dans les jeux), respecter les nombreuses demandes, être en relation avec ses pairs de façon positive, gérer leurs émotions et contrôler leur comportement.


IMPACTS POSSIBLES DE LA FIN DE L’ANNÉE SCOLAIRE SUR LES ENFANTS ET LES PARENTS


Durant la fin de l’année scolaire, nous observons de nombreux symptômes de stress chez les enfants, autant à l’école qu’à la maison. Plusieurs enfants rapportent des maux de cœur, des maux de ventre et des maux de tête. Nous observons davantage de signes de fatigue et, parfois, des difficultés au niveau du sommeil (endormissement long, réveils fréquents). Ils deviennent plus irritables et ont davantage de difficulté à gérer leurs émotions, ce qui entraîne une augmentation des crises. Ils peuvent devenir plus agités, donc avoir de la difficulté à rester en place ou à contrôler le nombre de mots qui sort de leur bouche. Certains sont plus opposants, plus confrontants, argumentent et négocient davantage les règles et les consignes. Chaque enfant vit cette période différemment. Tout dépendant la façon dont les enfants gèrent leur stress et la façon dont nous les accompagnons, certains peuvent être plus réactifs que d’autres.

Les parents, quant à eux, rapportent une fatigue plus élevée durant cette période. Nous observons dans plusieurs familles une augmentation des interventions disciplinaires auprès de l’enfant et des difficultés à exécuter les routines du matin et du soir. Les parents vivent des craintes face à l’arrivée des évaluations. Ils se questionnent à savoir si l’enfant est suffisamment bien préparé, si les devoirs et leçons proposés sont suffisants pour assurer le succès de leur enfant et si leur implication est adéquate dans cette préparation. Bref, ils ne savent pas toujours de quelle façon accompagner l’enfant dans cette préparation aux examens et dans la transition vers la fin des classes.


CONSEILS AUX PARENTS POUR FACILITER LA PÉRIODE D’ÉVALUATION ET LA TRANSITION VERS LA FIN DES CLASSES


Conserver la routine le plus possible. Maintenir une bonne routine de sommeil est primordial afin que les enfants soient disponibles mentalement et physiquement, autant à l’école qu’à la maison. Il est alors suggéré de favoriser des activités qui bougent au retour de l’école (pour libérer leur énergie et canaliser leur stress) et d’opter pour des activités calmes après le souper. Il est fortement recommandé de diminuer le plus possible l’exposition aux écrans en soirée et de ne plus y être exposé du tout minimalement une heure ou deux avant la mise au lit. Un rideau de chambre opaque permettra de couper la luminosité et de favoriser l’endormissement.

Ne pas apporter de modification à l’agenda scolaire de l’enfant. Les évaluations permettent de rendre compte de l’ensemble des acquis réalisés tout au long de l’année scolaire. Rendus au mois de juin, les enfants sont préparés pour réaliser leurs évaluations. Il est donc contre-indiqué d’ajouter des plages d’études et des exercices supplémentaires en fin de soirée. Il est nécessaire de s’en tenir à ce qui est demandé par l’enseignant(e), le professionnel de l’éducation qui connaît votre enfant depuis plusieurs mois. D’ailleurs, bien que ces ajouts viennent d’une bonne intention du parent, ils envoient un mauvais message à l’enfant : « Je n’ai pas confiance que tu puisses réussir tes évaluations. » ou encore « Toi, tu as besoin d’en faire plus que les autres pour réussir. ». Cela exerce une pression de performance pour l’enfant, envoyant le message que les évaluations sont plus difficiles que ce à quoi ils s’attendaient et qu’il est peut-être moins préparé qu’il le croyait. Nous pourrions alors observer une baisse du niveau de performance, par le fait qu’il soit davantage stressé en contexte d’évaluation.

Aider l’enfant à s’apaiser quotidiennement. Plusieurs actions simples, réalisées chaque jour, ont un impact positif et significatif sur l’enfant et améliorent grandement sa gestion des émotions :

  • Passer du temps de qualité avec son enfant, à travers le jeu et le plaisir. Il est important de prendre le temps de s’arrêter, durant un petit 10-15 minutes, pour être dans la relation avec son enfant plutôt que dans la tâche. Nous leur donnons des consignes, nous intervenons sur leur comportement, nous entretenons des attentes envers eux, etc. Il est important d’investir la relation autrement, à travers le plaisir. Il est important de s’intéresser à eux, à ce qu’ils ressentent, à ce qu’ils vivent. Il est primordial que l’enfant se sente aimer, inconditionnellement, pour ce qu’il est, et non pour ce qu’il fait.
  • Favoriser les activités qui bougent (vélo, parc, course, piscine). Les exercices permettent d’évacuer le stress accumulé durant la journée et favorisent la sécrétion de la mélatonine (hormone du sommeil). L’enfant sera davantage en mesure de gérer ses émotions après avoir bougé, sera plus détendu en soirée et s’endormira plus aisément.
  • Passer du temps à l’extérieur de la maison et miser sur le plein air. L’enfant a besoin de bouger, de grimper, de courir, de sauter. Dans la maison, cela peut être source de conflits et de tensions. Le fait de sortir de la maison, dans la cour arrière ou encore au parc, permettra à l’enfant de dépenser son énergie dans un environnement où cela est adéquat de le faire. De plus, cela permettra de contrôler plus facilement le temps d’exposition aux écrans.

Aborder les appréhensions et les inquiétudes de l’enfant. À l’arrivée de la fin des classes, il est normal que l’enfant vive des inquiétudes. Éviter d’intervenir avec des phrases telles que : « Ne t’en fais pas, l’été sera si amusant que tu n’auras pas le temps de t’ennuyer. » ou encore « N’aie pas de peine, l’année prochaine tu auras un autre professeur que tu aimeras. » Il est important de les reconnaître, de les accueillir et, surtout, de les normaliser.

Préparer de façon festive la fin des classes. Vous pouvez préparer avec votre enfant une carte de « bon été » pour l’enseignant(e) et pour ses amis, préparer un bottin téléphonique afin qu’il recueille les coordonnées de ses amis, organiser des activités privilèges au retour de l’école pour ses journées d’évaluation, préparer une petite fête de fin d’année avec ses amis, préparer un gâteau pour marquer la fin des classes, autres. Impliquez-le dans cette transition vers l’été en marquant le tout de façon ludique et spéciale.

Rappelez-vous que votre enfant n’est pas une note au bulletin. Il est important de souligner leurs progrès, leurs efforts et leur accomplissement réalisés tout au long de l’année. Éviter de mettre l’accent sur les résultats scolaires, puisqu’ils ne définissent pas votre enfant. Les résultats s’inscrivent seulement dans son parcours, qui en est d’ailleurs qu’à son commencement.


Courage, chers parents. Il ne reste que quelques jours avant la fin des classes. Cette période est difficile pour plusieurs, enfants comme parents. Les jeunes sont réactifs et différents au mois de juin, autant à l’école qu’à la maison. Normaliser leurs réactions, accueillir leurs émotions et leur permettre de canaliser ce stress chaque jour leur assurera un meilleur fonctionnement au quotidien et, par la bande, une meilleure performance aux évaluations.

Bon été à tous !

Votre intervenante, Caroline Quarré


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Maman, ce n’est pas de ta faute! Les fameuses “crises” au retour de l’école ou de la garderie.

Maman, ce n’est pas de ta faute! Les fameuses “crises” au retour de l’école ou de la garderie.

Par Caroline Quarré, intervenante psychosociale (B.Sc.), conférencière et propriétaire de Service psychosocial Pas-à-Pas


On vous dit régulièrement que votre enfant est « un petit ange » à l’école ou à la garderie, alors que des cornes lui poussent dès qu’il passe le seuil de votre porte ?

Il vous arrive de craindre silencieusement son retour de l’école, puisque vous vous demandez de quelle humeur il sera aujourd’hui ?

Vous avez l’impression d’être la seule sur qui votre enfant décharge son trop plein d’émotions ?

Vous n’êtes pas la seule, chère maman, à vivre cela avec votre enfant. Rassurez-vous ! En comprenant mieux le fonctionnement du « ballon intérieur » de votre enfant, vous vous épargnerez possiblement une “crise” en fin de soirée.


Pourquoi l’enfant décharge-t-il sur son parent – souvent sur sa mère – au retour de l’école ou de la garderie ? Une première réponse dans la notion d’attachement …


Dès sa naissance, l’enfant souhaite entrer en relation de façon saine et sécurisante avec son donneur de soins. La première relation d’attachement qu’il crée est généralement avec la mère, celle qui a assuré la réponse à ses besoins primaires le plus souvent au cours sa première année de vie (nourrir, vêtir, offrir une sécurité affective et physique). Quoi que cela pourrait bien être le père, ou toute autre personne significative qui a pris soin du poupon depuis sa naissance. Pour faciliter la lecture, j’utiliserai le mot « mère » en référence à la figure d’attachement principale. La relation d’attachement avec la mère est la plus forte, bien que les autres soient très significatives et importantes pour le développement du bébé. L’idéal est de créer un lien d’attachement sécurisant, découlant de la qualité de la relation et des interactions avec le bébé :

  • La mère répond rapidement et adéquatement aux besoins du bébé, tant aux besoins physiques qu’aux besoins affectifs ;
  • La mère réagit rapidement aux pleurs du bébé afin qu’il ressente le moins de stress possible ;
  • La mère est affectueuse, chaleureuse et tendre dans ses interactions avec le bébé ;
  • La mère accepte son bébé tel qu’il est.

En développant un attachement sécurisant, le bébé apprend à faire confiance à sa mère. Il développe la certitude que celle-ci répondra à ses besoins lorsque nécessaire et l’aimera inconditionnellement. Cet attachement influencera d’ailleurs la qualité des relations que l’enfant et l’adulte en devenir entretiendra avec son entourage tout au long de sa vie.

Du fait que son lien d’attachement est le plus fort avec la mère, l’enfant se permettra de décharger complètement auprès d’elle. Il sait que, peu importe l’ampleur de ce « laisser-aller », sa mère l’acceptera et l’aimera inconditionnellement. À l’inverse, il sait bien qu’il est inadéquat de tout laisser-aller avec son enseignant, son éducateur ou sa gardienne. Avec ces personnes, l’enfant n’a pas la certitude qu’on lui offrira le même accueil et que leur amour est inconditionnel. Ainsi, au cours de la journée, il refoulera des frustrations, des inconforts et des inquiétudes … et les enfants en vivent plusieurs au cours d’une même journée! Ils rempliront ce que j’aime bien appeler « leur ballon intérieur » (voir plus bas pour la définition et l’exercice à faire avec l’enfant). Certains enfants l’offrent à papa ou à grand-maman qui l’attend au retour de l’école, d’autres attendent vraiment le retour de maman. Cela laisse croire à tort à plusieurs parents que la mère a plus de difficulté à « gérer » les comportements de l’enfant ou même que le père utilise des techniques d’intervention plus efficaces.

Bref, l’enfant offre son « ballon des émotions » plus facilement à sa figure d’attachement principal, soit généralement sa maman. Une belle preuve d’amour, non?


Qu’est-ce que le « ballon intérieur » de mon enfant ?


Prenez un ballon de fête. Imaginez que chaque petite frustration, chaque inconfort et chaque mécontentement de votre journée remplit ce ballon avec de l’air. Plus l’inconfort est grand, plus la quantité d’air envoyée dans le ballon l’est aussi. Certaines journées, le ballon se remplit plus vite que d’autres, non ? Bien, ce ballon prend une place réelle dans votre corps et interfère avec votre fonctionnement quotidien. Ce n’est pas drainant de composer avec un collègue fatiguant durant toute une journée ou un patron toujours sur votre dos ? Si c’est le cas, cela vous fait probablement du bien au retour du travail d’aller faire du sport, de prendre une marche avec le chien ou d’en parler avec une personne de confiance. En fait, ces actions vous permettent de réguler et tempérer vos émotions et vous assurent une meilleure fin de journée. Cela est pareil pour l’enfant !

Avec l’enfant, je lui présente « son ballon intérieur » en lui offrant un ballon de fête. Je lui demande ensuite de le gonfler, par petit coup, en me nommant toutes les choses qu’il n’a pas appréciées de sa journée : je me suis levée trop tôt, ma « toast » ce matin était coupée en quatre alors que je le voulais coupée en deux, mon ami n’a pas voulu jouer à mon jeu à la récréation, je n’aime pas faire des mathématiques, mon parent est arrivé en retard au service de garde, mon frère m’achalait dans l’auto au retour de l’école, etc. Je sais, la liste peut être longue. Mais, ce n’est pas à moi de juger si ces choses sont pertinentes ou non ou si elles suffisent ou non à faire gonfler le ballon. L’enfant seul le sait, l’enfant seul l’a vécu ainsi. Je lui demande finalement d’attacher son ballon. Je lui mentionne alors ceci : « Tu vois, certaines journées, le ballon est plus gros que d’autres. Certaines journées, on pourrait remplir le ballon au point où il ne s’attachera plus, au point où il éclaterait. Mais, dans tous les cas, nous pourrions trouver des moyens pour le faire dégonfler tranquillement. »

Cet exercice permet à l’enfant de visualiser son « ballon intérieur ». Cela lui permet de mieux identifier la façon dont il se sent, de mieux cibler ses émotions. Par exemple : « Lorsque mon ballon est tout petit, je me sens heureux, j’ai de l’énergie et je suis enthousiasme. J’ai envie de faire plein de jeux. » ou encore « Lorsque mon ballon est très gros, je me sens irritable, je ressens de la colère et je n’ai pas envie de parler. » Cela lui donne également un outil pour gérer ses émotions et mettre en place des techniques de retour au calme. Lorsque l’enfant a bien saisi l’exercice du ballon, nous pouvons regarder ensemble des techniques pour l’aider à décharger adéquatement son ballon.

Dans la réalité, chère maman, ce ballon vous explose parfois au visage. Parfois, il explose d’un seul coup, de façon soudaine, comme une bombe. Le ballon était saturé et un petit événement que l’on juge anodin suffit à le faire éclater. L’enfant fait alors une « crise ». Parfois, il se décharge sur vous au compte goûte, ce qui rend la soirée exécrable : altercations dans la fratrie, opposition, obstination, négociation, nombreuses interventions, autres. Dans tous les cas, l’enfant cherche à réguler ses émotions. Cette explosion, ces écarts comportementaux, sont l’expression d’un réel besoin : celui d’être apaisé et accompagné par l’adulte.


Voici quelques conseils pour aider votre enfant à gérer régulièrement et efficacement son « ballon intérieur ».


  • Passez du temps de qualité avec votre enfant le plus souvent possible. Faire une activité de 10-15 minutes avec votre enfant : une activité de son choix (aucun appareil électronique) où les interventions comportementales sont limitées. Le but ? Avoir du plaisir avec mon enfant et lui démontrer que je l’aime pour la personne qu’il est. Choisissez tout de même une activité qui vous plaît, sans quoi l’enfant pourrait ressentir votre inconfort et croire à tort qu’il en est le responsable. Favoriser une activité qui assure des échanges verbaux, visuels et physiques. Encadrez ce moment d’une minuterie ou annoncez-lui la durée de l’activité, si nécessaire. Cela limitera sa déception lorsque ce sera terminé et facilitera la transition vers la prochaine activité.
  • Pour élever ce premier conseil à un niveau supérieur : favorisez des activités sportives. Cela est d’ailleurs très efficace pour la gestion du stress : vélo, patins à glace ou à roulette, glisser sur la neige, faire des courses avec notre enfant (en saut de grenouille, à la course, autres), faire des jeux de bataille, aller jouer au parc, autres
  • Enseignez-lui des techniques de relaxation lorsqu’il est calme : respiration bedaine (respirer une fleur tranquillement / souffler une bougie tranquillement), contraction de Jacobson (voir une séquence vidéo sur YouTube), visualisation, autres.
  • Développer son vocabulaire en lien avec les émotions.

Voici quelques conseils pour aider votre enfant à gérer ses émotions lors d’une “crise” :


  • Validez l’émotion de votre enfant (intervenez sur l’émotion et non pas sur le comportement) : « Je vois que tu es en colère quand tu me parles fort. », « Je vois que tu es déçu, car tu t’attendais à ce que je joue avec toi alors que je dois préparer le souper. »
  • Normalisez l’émotion de votre enfant : « C’est normal d’être déçu quand tu croyais que je pourrais jouer avec toi alors que je prépare le souper. » ou encore « C’est normal d’être en colère lorsque ton frère prend ton jouet sans te le demander. ». Surtout, évitez de minimiser l’émotion ou la situation (« Ce n’est pas si grave, n’ait pas de peine pour ça! ») ou encore de l’invalider (« Non, on ne se fâche pas pour ça! »). L’émotion est réelle, normale et présente. L’enfant doit apprendre à la reconnaître et à la gérer.
  • Invitez votre enfant à gérer son émotion. À noter que les enfants ont BESOIN de la présence de l’adulte pour gérer leurs émotions dû principalement à l’immaturité de leur cerveau. Exemples : « Qu’est-ce qu’on pourrait faire pour t’aider à diminuer ta colère? », « Que peux-tu faire maintenant pour que la tristesse soit moins grande dans ton ventre? »
  • Proposez-lui des stratégies de retour au calme : respiration, prendre une pause dans une autre pièce avec vous, donner un câlin, faire un dessin, serrer un toutou contre lui, flatter son chien, écouter de la musique, autres.
  • Accompagnez votre enfant dans son retour au calme. Soulignez les efforts qu’il a faits pour gérer son émotion et mettez en lumière les actions choisies qui lui ont permis de reprendre le contrôle.

Entrevue auprès de PANDA Thérèse de Blainville et des Laurentides

TDAH : comprendre, dépister et accompagner

Entrevue auprès de PANDA Thérèse de Blainville et des Laurentides

Par Caroline Quarré, intervenante psychosociale & Caroline Gosselin, intervenante sociale à PANDA



Entrevue réalisée auprès de Caroline Gosselin, Intervenante sociale à l’Association PANDA Thérèse de Blainville et des Laurentides. Bien que l’entrevue ai été réalisée sous forme de questions-réponses, le texte a été adapté afin d’en faciliter sa lecture.

Un merci spécial à Isabelle Clément, directrice générale, et Caroline Gosselin, intervenante sociale, pour leur temps, leur disponibilité et leur grande générosité. Leur passion pour leur métier est évidente et leur dévouement pour soutenir les individus vivant avec le TDAH est sincère.


Qui est l’association PANDA Thérèse de Blainville et des Laurentides ?

L’Association PANDA Thérèse de Blainville et des Laurentides fait partie du Regroupement des associations PANDA du Québec qui se veut la référence en matière d’aide aux associations PANDA et aux parents ayant un enfant atteint du trouble déficitaire de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH).

L’Association PANDA Thérèse de Blainville et des Laurentides offre des services d’intervention professionnels qui visent à aider toute personne au prise avec un TDAH, incluant les adultes qui vivent avec la problématique. Elle établit des dialogues afin d’améliorer la collaboration entre les parents, le milieu scolaire ainsi que tout individu gravitant autour d’un être ayant un TDAH.


Comment définiriez-vous le TDAH ?

Le TDAH est d’abord et avant tout un problème neurodéveloppemental. Ce trouble affecte chaque personne différemment, ce qui oblige à personnaliser les interventions. Il touche les fonctions exécutives (organisation/planification, inhibition, flexibilité mentale, jugement et autocritique), allant d’une seule fonction à toutes les fonctions. Bien que certaines interventions ou comportements de l’entourage puissent contribuer à augmenter certains symptômes, elles ne les créent pas.

Pour qu’un diagnostic de TDAH soit posé, plusieurs critères doivent être identifiés dont : l’apparition de signes et symptômes avant l’âge de sept (7) ans et la persistance de ces symptômes dans le temps (6 mois ou plus). Pour poser un diagnostic chez l’adulte, les symptômes doivent être apparus avant l’âge de douze (12) ans. Dans tous les cas, pour poser un diagnostic, les professionnels de la santé se réfèrent au DMS (Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders), un ouvrage de référence, en plus de procéder à des entrevues cliniques et autres tests.


Quels sont les signes et symptômes présents chez l’enfant les plus fréquemment observés par les parents ?

Tel que mentionné plus haut, chaque TDAH est vécu différemment. Ainsi, les signes et les symptômes diffèrent d’une personne à une autre. Cette différence est encore plus vraie si l’individu a, ou non, la composante d’hyperactivité. Toutefois, voici quelques difficultés fréquemment rapportés :

  • Difficulté à s’endormir le soir
  • Difficultés à respecter les consignes (opposition fréquente)
  • Difficultés à attendre son tour
  • Difficulté à s’organiser dans sa routine du matin et du soir
  • Difficulté à planifier son temps
  • Difficulté à retenir de l’informations (oublis nombreux et fréquentes)
  • Difficulté à contrôler son envie de parler (coupe la parole, parle trop et souvent)
  • Autres

À cela peuvent s’ajouter des difficultés dans les relations avec les pairs, dans la gestion des émotions, de l’anxiété ou même une baisse ou absence de motivation scolaire.


Pourquoi avons-nous l’impression que le TDAH était moins présent il y a 25 ans ?

Il y a 25 ans, le TDAH n’était pas moins présent. Il y a 25 ans, le TDAH était surtout associé à de l’hyperactivité. Et, il était même dit que celui-ci disparaissait à l’adolescence. Les garçons étaient alors beaucoup plus concernés que les filles. Le TDA, pour sa part, n’était pas considéré comme un trouble, mais comme le fait d’être « dans la lune » ou lunatique.

De plus, il y a 25 ans, les exigences scolaires étaient moindres. Le parcours académique était donc moins ardu pour les enfants vivant avec TDAH qu’aujourd’hui. Les symptômes étaient donc moins évidents.

Finalement, nous avons beaucoup plus de connaissances et d’outils aujourd’hui qui nous permettent de dépister rapidement le TDAH. D’ailleurs, il est assez fréquent qu’un parent qui accompagne son enfant lors d’une évaluation pour un TDAH se reconnaisse lui-même dans les symptômes.


Quels sont les avantages à demander rapidement une évaluation pour un TDAH ?

Il y a plusieurs avantages à demander rapidement une évaluation pour un TDAH. D’abord, en faisant appel à une évaluation en psychologie ou en neuropsychologie, les parents peuvent confirmer ou infirmer le diagnostic, ainsi que confirmer ou infirmer la présence d’une comorbidité. La comorbidité est la présence de deux troubles ou plus (exemple : TDAH + anxiété). Le neuropsychologue est également en mesure d’évaluer la possibilité d’un trouble d’apprentissage : dyslexie, dyscalculie, ou autres.

De plus, lorsque les parents font appel à un professionnel pour une évaluation du TDAH, ceux-ci en ressortent immédiatement avec des recommandations de stratégies pour les difficultés identifiées.  Ils peuvent ainsi se référer aux professionnels qui sauront les accompagner (orthopédagogue, orthophoniste, psychologue, psychoéducateur, ergothérapeute, enseignants, etc.). Ils peuvent se mettre immédiatement en action pour améliorer leur fonctionnement quotidien.


Quels sont les avantages à obtenir un diagnostic de TDAH ?

Dès l’obtention d’un diagnostic, un traitement personnalisé peut être mis en place. Le traitement le plus efficace se veut multimodal. Selon les besoins de l’enfant, ce traitement peut inclure une prise de médication, une psychothérapie, des interventions psychoéducatives, des services en orthopédagogie, en ergothérapie, en orthophonie, de l’accompagnement/guidance parental ou autres. La mise en place d’un traitement efficace et d’un plan d’intervention en milieu scolaire diminuent la souffrance de l’enfant face à sa condition et lui permet d’exploiter son plein potentiel.


Quels conseils donneriez-vous aux parents qui se dirigent vers une évaluation ?

Ne pas trop attendre – Une erreur fréquemment commise est le fait d’attendre sous prétexte que le parent se sent « encore capable de continuer » ou qu’il n’est pas « complètement au bout du rouleau ». Toutefois, ce ne sont pas les capacités du parent qui doivent être prises en considération, mais plutôt celles de l’enfant. Une seconde erreur est le fait d’attendre que l’enfant soit en échec scolaire avant de consulter : « Il réussit avec difficulté, mais il réussit! ». La souffrance de l’enfant est difficile à évaluer puisque celui-ci ne met pas de mots clairs sur l’objet de sa souffrance. Il reconnaît qu’il ne se sent pas bien, peut se dire fatigué, irritable ou en colère. Mais, il identifie difficilement que cela est parce qu’il y a trop de distracteurs à l’école qui nuisent à sa concentration, par exemple. Le fait d’attendre peut augmenter la souffrance de l’enfant et nuire à son fonctionnement dans plusieurs sphères de sa vie (école, maison, loisirs …).

Procéder à une évaluation complète – Il existe plusieurs trajectoires pour obtenir un diagnostic de TDAH. La démarche minimale serait de procéder à une évaluation en psychologie et de faire confirmer le diagnostic par un pédiatre ou le médecin de famille ayant de bonnes connaissances sur ce diagnostic.

Avoir une ouverture d’esprit – Dans un processus d’évaluation pour l’obtention d’un diagnostic, les parents devraient gardez l’esprit ouvert à toute éventualité. Même si le diagnostic peut être difficile à accepter, les parents devraient se mobiliser le plus rapidement possible afin d’outiller leur enfant à vivre avec ses difficultés et maximiser l’exploitation de ses qualités. S’ils ne se sentent pas confortable avec un diagnostic, ils sont libres d’aller chercher une seconde opinion professionnelle.

Demander de l’aide – Les parents peuvent demander de l’aide pour eux et pour leur enfant avant, pendant et après le processus d’évaluation. Des stratégies peuvent leur être fourni, bien que le diagnostic ne soit pas encore posé.


Quels conseils donneriez-vous aux parents pour améliorer la routine quotidienne ?

Utiliser des outils – Plusieurs outils sont disponibles gratuitement en ligne (volcan des émotions, pictogrammes, etc.). Pour faire le choix d’un outil, le parent devrait toujours s’assurer que celui-ci répond à la difficulté de l’enfant. Cela exige donc de bien cibler la difficulté. Par exemple, il faut faire la distinction entre la difficulté à se rappeler de sa routine et la difficulté à exécuter sa routine tâche après tâche. Dans le premier cas, la mise en place de pictogrammes seraient probablement efficace. Dans le deuxième cas, pour que les pictogrammes soient efficaces, ils devraient être accompagnés d’un deuxième système qui rappelle à l’enfant où il est rendu dans ses tâches. Ainsi, les parents pourraient ajouter une épingle à linge sur le premier pictogramme que l’enfant déplace à mesure qu’il complète une tâche.

Changer son propre comportement – Pour que la mise en place d’un outil soit efficace, le parent doit changer son propre comportement. Par exemple, si un système de pictogrammes est mis en place pour rappeler à l’enfant les tâches qu’il doit effectuer, le parent ne doit plus répéter constamment à l’enfant ce qu’il a à faire. Il devra plutôt le rediriger vers ce système lorsque nécessaire. Il est important de se rappeler que les outils sont mis en place pour aider l’enfant à développer son autonomie. L’enfant doit développer l’automatisme de consulter ses outils. Si le parent continue d’effectuer les mêmes interventions qu’avant la mise en place de l’outils (répéter, par exemple), l’enfant continuera d’avoir les mêmes comportements aussi (se référer à son parent). Ne pas changer son propre comportement annule la stratégie.


Quels conseils donneriez-vous aux parents pour améliorer les transitions ?

Annoncer les transitions – Le fait d’annoncer les transitions aident beaucoup l’enfant à s’y préparer. Par exemple : « Caroline, il te reste cinq (5) minutes de jeu avant le souper. » Une minuterie peut également être utilisée afin que l’enfant se représente visuellement le temps. Une minuterie apporte de la constante et de la cohérence.  Cet aspect est sécurisant pour l’enfant.

Être réglé comme une horloge – La constance et la cohérence dans les délais donnés aux enfants sont sécurisantes. Lorsque le parent donne un délai à son enfant, il doit s’assurer de le respecter. Par exemple, un parent informe son enfant qu’il lui reste cinq (5) minutes de jeu avant de venir souper. Le téléphone sonne et le parent dépasse le délai. Quinze (15) minutes plus tard, il demande à l’enfant de venir à table. Le lendemain, le parent informe à nouveau l’enfant du cinq (5) minutes restant et cette fois le délai est respecté. L’enfant est plus susceptible de se mettre en crise, par désir de jouer plus longtemps. La minuterie peut encore une fois être efficace, autant pour le parent que pour l’enfant, à respecter les délais.


Quels conseils donneriez-vous aux parents pour améliorer les périodes de devoirs et de leçons ?

Planifier une période de devoir la fin de semaine – Maintenant que les enfants reçoivent la liste de devoirs et leçons de leur enfant le vendredi, il est possible d’organiser d’avance ces périodes de travail. La grande majorité des enfants vivant avec un TDAH et qui prennent une médication sont plus disposés en début de journée à effectuer des apprentissages. Ainsi, une période de devoirs la fin de semaine peut s’avérer plus efficace. Les soirs de semaine pourraient donc être réservés aux leçons qui peuvent être faites de façons rigolotes.

Accepter que l’enfant soit dans une position inhabituelle – L’enfant vivant avec un TDAH ressent souvent une difficulté à rester en place. Dans la période des devoirs et des leçons, l’objectif doit être d’amener l’enfant à réaliser son apprentissage. Plusieurs apprentissages peuvent se faire, peu importe la position corporelle. Par exemple, un enfant qui épelle ses mots peut les épeler debout en marchant autour de la table. Il peut également pratiquer sa calligraphie debout devant le comptoir de la cuisine. Apprendre ses tables de multiplications peut se faire assis par terre dans le salon. Pour l’enfant qui, au contraire, est de plus en plus distrait lorsqu’un cadre physique ne lui ai pas imposé, il serait souhaitable de lui permettre de bouger au travers de sa période de travail. Selon sa capacité de concentration, le parent pourrait proposer à l’enfant de faire quelques exercices à chaque période de cinq (5) ou dix (10) minutes de travail.

Bien que cette option ne soit pas possible pour l’enfant à l’école, il faut se rappeler que justement, l’enfant n’est pas à l’école et que l’effet de la médication se fait de moins en moins ressentir. Il vient de passer une journée entière à travers laquelle il a dû se contrôler à plusieurs reprises. Le fait de bouger lui permettra de se concentrer davantage en soirée.


Quels seraient les trois (3) incontournables à mentionner aux parents d’enfant vivant avec le TDAH ?

Choisir ses batailles – Les parents d’enfants vivant avec le TDAH rencontrent plusieurs difficultés au quotidien. Il peut devenir étourdissant de tenter de tout régler en même temps. Prioriser des objectifs (exemple : Je veux que mon enfant fonctionne mieux dans sa routine du matin et du soir.) permet de les atteindre plus facilement. Par conséquent, cela renforce l’enfant dans ses apprentissages, favorise son estime de soi et améliore la relation parent-enfant. Cela impose toutefois d’accepter de « lâcher-prise » sur des objectifs que le parent juge moins prioritaires (exemple : Je veux que mon enfant ramasse ses jouets lorsqu’il a terminé de jouer.).

Rendre les interventions cohérentes entre les deux parents – Afin que l’enfant adhère aux consignes des parents, il est essentiel que ceux-ci s’entendent sur les façons d’intervenir. Ils ne doivent – idéalement – jamais discréditer les interventions de l’autre devant l’enfant. Cela enlève de la crédibilité aux parents et incite l’enfant à tester le pouvoir qu’il a sur son environnement. Lorsqu’un parent n’est pas en accord avec l’intervention de l’autre, il est conseillé de se retirer dans une autre pièce pour en parler ou d’attendre en fin de journée pour le faire. Si, ensemble, les parents jugent que l’intervention était inadéquate (Exemple : « Je te prive durant deux mois de ta tablette. »), il revient à ce même parent de rectifier son intervention (Exemple. « J’ai exagéré tantôt puisque j’étais fâché. Ta tablette ne te sera pas retirer pendant 2 mois, mais pendant 2 jours. »).

Apprendre à voir le côté positif de son enfant et lui souligner – Parfois, les difficultés de l’enfant sont si grandes que le parent, exténué, ne voit plus que cela. Il est important, autant pour le parent que pour l’enfant, de s’arrêter et de prendre le temps de reconnaître les qualités et bons coups de l’enfant. Et, il est encore plus important de lui souligner. Cela favorise le développement de son estime de lui et renforce la relation parent-enfant. Une relation saine et sécurisante entre le parent et son enfant apaise beaucoup l’anxiété de l’enfant et diminue les comportements d’opposition.


Finalement, quelles seraient les interventions à éviter auprès d’un enfant vivant avec un TDAH ?

Éviter le sarcasme – Lorsqu’un enfant réalise une tâche, il est important de le féliciter et de le renforcer positivement. Parfois, lorsque le parent a répété plusieurs fois la consigne et que l’enfant se mobilise « finalement », il peut devenir tentant de laisser sortir un « Il était temps! ». Cette intervention a par contre un effet négatif sur l’enfant et omet de souligner l’effort qu’il a fait pour réaliser sa tâche.

Éviter la comparaison entre la fratrie – Chaque enfant est unique. Chacun a des forces, des limites, des connaissances et des compétences différentes. Il est donc important d’intervenir de façon personnalisée et d’éviter de le comparer à d’autres enfants. Cela a un effet négatif sur l’estime de soi.

Éviter d’intervenir en état d’émotivité – Les meilleurs interventions ne sont jamais réalisées en moment d’émotivité. Lorsqu’une situation nous rend émotif, il est préférable de se retirer un petit moment pour se calmer avant d’intervenir. Ainsi, le parent évite « d’exagérer » dans son intervention (exemple : donner une punition plus grande puisque le parent est exténué.) ou de regretter ses paroles.

En conclusion, il est très important de se rappeler que les parents doivent être à l’aise dans les méthodes d’intervention qu’ils mettent en place à la maison. Les parents sont invités à consulter l’Association PANDA de leur territoire pour recevoir des conseils et outils pratiques pour améliorer leur quotidien.